Une exploitation aquacole résiliente face aux crues à Geloux
À Geloux, dans les Landes, la pisciculture du Pont Jeannin, dirigée par Olivier Truchetet, représente un modèle d'adaptation aux risques naturels. Cette structure, nichée entre une forêt de pins et le cours d'eau du Geloux, produit annuellement 20 tonnes de truites, un chiffre remarquable pour une exploitation de cette taille. Sa particularité ? Elle a été spécifiquement conçue pour fonctionner malgré son caractère inondable, une nécessité dans cette zone sujette aux crues.
Une conception ingénieuse pour contrer les montées des eaux
Olivier Truchetet, qui a repris l'exploitation familiale, explique avec calme les défis posés par les inondations. « Vous seriez venus hier, il y avait de l'eau jusqu'à cette deuxième marche », relate-t-il, sans afficher d'inquiétude excessive. La pisciculture est volontairement qualifiée d'« inondable », car elle peut supporter une montée des eaux atteignant un mètre. Pour y parvenir, des grillages ont été installés à cette hauteur précise, permettant de contenir les truites et d'éviter leur fuite lors des crues.
La dernière montée des eaux significative remontait à quatre ans, mais l'exploitation est toujours prête. Tous les laboratoires et infrastructures critiques ont été construits en hauteur pour éviter toute infiltration d'eau. « Ici tout a été construit en hauteur concernant les laboratoires pour éviter la prise d'eau », précise le gérant, qui surveille attentivement le filtrage de l'eau alimentant les bassins. Cette vigilance est cruciale pour assurer une qualité optimale de l'eau, essentielle à la santé des poissons.
Des équipements de pointe pour une surveillance constante
La pisciculture est équipée de technologies modernes pour garantir un fonctionnement ininterrompu. Des caméras permettent une surveillance 24 heures sur 24, y compris la nuit, tandis qu'un débit d'eau constant de 200 litres par seconde est maintenu, même lorsque la température hivernale descend à quatre degrés. « Il ne doit jamais s'interrompre, ou alors de manière très courte pour ne pas risquer de perdre l'ensemble de la production », insiste Olivier Truchetet. Cette continuité est vitale pour préserver les 20 tonnes de production annuelle.
L'exploitation compte six bassins : quatre dédiés à la production de truites et deux autres à la décantation, servant à récupérer le sable filtré. Lors des crues, comme celle récente, une pelleteuse est utilisée pour enlever les dépôts de sable, une opération répétée « autant de fois que nécessaire ». La semaine précédente, un monticule impressionnant de sable avait déjà été extrait, témoignant de l'efficacité de ce processus de maintenance.
Des mesures pour apaiser les truites et assurer la sécurité
Malgré les inondations, le quotidien des truites reste inchangé en termes d'alimentation. Cependant, des gerbes d'eau sont activées dans les bassins de production, non pour des raisons esthétiques, mais pour oxygéner l'eau et calmer les poissons. « En cas de montée des eaux, les truites peuvent chercher à s'échapper. Dans ce cas-là, elles se focalisent sur ces jets », observe Olivier Truchetet. Cette technique simple mais efficace contribue à minimiser le stress des poissons et à prévenir les pertes.
La tempête Nils, récemment passée sur la région, n'a causé que des dégâts mineurs, avec un seul arbre rompu à proximité. L'exploitation n'a pas subi de coupure d'électricité, grâce à des lignes enterrées dans le secteur et à un groupe électrogène activé à la moindre alerte. Cette organisation méticuleuse permet à la pisciculture de maintenir son rythme de production, fournissant ainsi des truites de qualité reconnue sur les étals locaux et au-delà.
En somme, la pisciculture du Pont Jeannin à Geloux illustre comment une exploitation aquacole peut allier productivité et résilience face aux aléas climatiques. Grâce à une conception adaptée, des équipements modernes et une gestion rigoureuse, elle continue de prospérer malgré les défis posés par son environnement inondable, servant d'exemple pour d'autres structures similaires.



