Piment d'Espelette AOP : une médaille d'argent et un combat pour l'agriculture familiale
Piment d'Espelette : médaille et combat agricole

Une récompense prestigieuse pour le piment d'Espelette AOP

Le Gaec Ezpela, exploitation agricole basée au Pays Basque, a récemment remporté une médaille d'argent au Concours général du Salon international agricole de Paris pour son piment d'Espelette AOP. Cette distinction vient couronner plus de trois décennies de travail assidu, puisque la famille Lecuona-Garacotche cultive cette épice emblématique depuis 1992.

Une affaire de transmission familiale

Chez les Lecuona-Garacotche, le piment d'Espelette représente bien plus qu'une simple production agricole. C'est avant tout une histoire de transmission des valeurs et de pérennité familiale. L'exploitation, initialement une EARL, est devenue le Gaec Ezpela en 2021 lorsque Bixente, le fils de Ramuntxo Garacotche et Maritxu Lecuona-Garacotche, a rejoint l'entreprise. Prochainement, Maialen, la sœur de Bixente, viendra également apporter son soutien à la boutique Lurretik, alternant entre son métier d'infirmière et l'accueil clientèle.

Un cri d'alarme pour l'agriculture française

Si la médaille a été remise à Paris, les producteurs précisent qu'ils ne se sont pas rendus au Salon. Maritxu Lecuona-Garacotche profite de cette occasion pour exprimer son inquiétude face à ce qu'elle perçoit comme « une volonté de détruire le monde agricole » de la part des institutions.

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« Ce sont les petites exploitations qui permettent de transmettre et de faire des produits de qualité », insiste-t-elle. Elle défend ardemment les Appellations d'Origine Protégées (AOP) qui, selon elle, préservent les territoires, promeuvent l'authenticité et favorisent une dynamique touristique essentielle.

Son message est clair : « Il faut faire en sorte que ce soit le produit qui paie le producteur et non les subventions européennes. »

Une saison 2025 favorable malgré les défis

Sur le terrain, la famille constate que la saison 2025 a été plutôt bonne pour le biper gorri (piment rouge en basque). Une météo sèche a valorisé le piquant caractéristique de l'épice. Bien que les rendements aient diminué par rapport à il y a quinze ans, en raison du développement de certaines maladies, les Lecuona-Garacotche restent optimistes quant à l'avenir du piment d'Espelette AOP.

La baisse alarmante du nombre de producteurs

Le véritable problème, selon Maritxu, réside dans la diminution constante du nombre de producteurs. « Produire, dans tous les domaines, est de plus en plus compliqué », déplore-t-elle. La paperasserie administrative toujours plus lourde et les contrôles renforcés pèsent sur le moral des agriculteurs.

« C'est insupportable ! Il y a de moins en moins d'agriculteurs mais de plus en plus de gens qui sont là pour contrôler… », s'exclame-t-elle, pointant du doigt un déséquilibre qu'elle juge préjudiciable à la profession.

Une évolution positive des critères d'évaluation

Sur une note plus positive, la notation des poudres de piment au concours a évolué pour mieux refléter la typicité de l'épice. Le piquant est désormais noté sur 6 points, contre 5 pour l'arôme, 4 pour la mouture et 3 pour la couleur. Cette nouvelle grille d'évaluation valorise particulièrement la progression en bouche et la chaleur caractéristique du piment d'Espelette, éléments essentiels de sa qualité.

Malgré les défis administratifs et la baisse du nombre d'exploitants, la famille Lecuona-Garacotche continue de croire en l'avenir de leur production, portée par la transmission des savoir-faire et la défense d'une agriculture de qualité.

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