La campagne de pêche des thoniers senneurs 2026 débutera le 19 mai prochain. Dix-sept navires quitteront le port de Sète, tandis que cinq autres partiront d'Agde, Port-Vendres et Marseille, soit un total de vingt-deux thoniers en Méditerranée. Ils se dirigeront vers les eaux des Baléares et de Malte pour capturer des thons rouges adultes de plus de 200 kg, sous le contrôle strict de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT).
Des quotas en augmentation
Pour 2026, le quota de thon rouge (Thunnus thynnus) est fixé à 6 125 tonnes, contre 5 365 tonnes les deux années précédentes. Cette hausse s'appuie sur les évaluations du comité scientifique de l'ICCAT, qui confirment un bon état biologique du stock dans l'Atlantique Nord-Est et en Méditerranée, résultat de plus de quinze ans de gestion durable. Cependant, les pêcheurs français restent prudents. Bertrand Wendling, patron de la coopérative Sathoan à Sète, explique : « Lors de la dernière négociation ICCAT, la France était contre cette forte hausse, en raison de la durabilité du stock. Même si les scientifiques sont rassurants, ce stock peut baisser dans les années à venir. »
Un contexte économique difficile
La rentabilité est le principal enjeu de cette campagne. Le prix du thon rouge est passé de 10 €/kg en 2022 à 7 €/kg en 2025, sous l'effet d'une offre accrue. Parallèlement, le prix du carburant connaît une hausse significative, bien que son impact soit secondaire pour les senneurs selon Bertrand Wendling. La flambée des coûts de l'énergie, liée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, pèse sur les charges des pêcheurs, tout comme le renouvellement des filets et des matières plastiques.
Une filière dominée par l'export
La majeure partie de la pêche est destinée au marché de gros japonais, via des fermes marines européennes, principalement espagnoles, qui imposent leurs prix. Le thon rouge ne se retrouve donc pas sur le marché du frais français, approvisionné par le thon de ligne artisanal. Des tentatives de diversification existent : quelques fermiers proposent une partie minime sur les marchés européen et américain. Bertrand Wendling souligne : « La France ne dispose pas de ses propres fermes marines. Créer une filière permettrait de recréer de la concurrence sur les prix, mais c'est une activité à risques financiers importants, et la France n'a pas d'autorisation de l'ICCAT pour engraisser des poissons. »
Des incertitudes persistantes
Les prix de vente aux fermes marines résultent de négociations entre fermiers et senneurs, influencées par la valeur du yen et les stocks de thon 2025 encore stockés au Japon. Les navires français vendent principalement aux fermes espagnoles, qui revendent ensuite aux Japonais. La campagne 2026 s'annonce donc sous tension, entre hausse des quotas et pressions économiques.



