Christine Henry, ostréicultrice : "La reprise des ventes d'huîtres est un soulagement"
Ostréiculture : reprise des ventes après la crise sanitaire

Christine Henry, ostréicultrice : "La reprise des ventes d'huîtres est un soulagement"

Christine Henry, ostréicultrice sur l'étang de Thau dans l'Hérault, exprime un réel soulagement alors que la vente des huîtres est de nouveau autorisée. "On peut à nouveau vendre, ça fait plaisir !", confie-t-elle avec émotion. Cette professionnelle, qui exploite la plus petite structure de l'étang avec une production annuelle de cinq tonnes, reprend ses activités commerciales ce mercredi 25 février sur le marché de producteurs de la place dite "aux Cailles" à Montpellier.

Une année 2025 particulièrement difficile

L'année 2025 a été marquée par de multiples défis pour les ostréiculteurs de la région. De fortes pluies en décembre ont provoqué le débordement du réseau d'eaux usées, entraînant la propagation de norovirus dans l'étang de Thau. Ces virus, responsables de gastro-entérites, ont conduit à l'interdiction de vente des coquillages pendant vingt-huit jours, une période critique pour la profession qui réalise habituellement son plus gros chiffre d'affaires durant les fêtes de fin d'année.

Christine Henry précise : "En temps normal, 20 % de mon chiffre d'affaires est réalisé à Noël et 10 % au jour de l'An. En 2025, j'ai connu une baisse sensible à Noël et je n'ai rien vendu pour le jour de l'An." Pourtant, elle avait anticipé les risques en plaçant ses huîtres en bassins dès mi-décembre, mais a préféré suspendre ses ventes pour éviter toute suspicion injustifiée envers la profession.

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Les défis climatiques et sanitaires

Outre la crise sanitaire, les conditions climatiques extrêmes ont également impacté la production. L'été 2025 a été marqué par une canicule avec des températures de l'eau atteignant parfois 33 °C, provoquant la mort de 60 % du naissain (bébés huîtres) à cause de bactéries et de l'anoxie (manque d'oxygène) dans l'étang. La bactérie du genre vibrio aesturianus a causé d'autres pertes significatives en septembre et mars, lors des changements de saison.

Le travail quotidien de Christine Henry implique un tri minutieux des pearl nets et l'entretien des nurseries pour l'élevage des naissains. Lorsque les huîtres atteignent 2 centimètres, elles sont collées sur des cordes avant d'être plongées dans l'étang, un processus essentiel pour assurer leur développement optimal.

Conséquences financières et adaptations

Ces difficultés successives ont des répercussions concrètes sur les projets d'investissement. Christine Henry explique : "Oui, je n'installerai pas d'autres bassins pour mettre les coquillages à l'abri en cas de crise, ni de système de refroidissement de l'eau." Travaillant seule, elle gère ses finances avec prudence, limitant ses dépenses au strict nécessaire. "Depuis trois jours, je n'ai pas fait d'aller-retour à Marseillan, soit trente euros d'économie", précise-t-elle.

Bien que des aides soient disponibles, notamment une indemnisation de 750 € par table ostréicole (structure où sont accrochées les cordes d'huîtres), Christine Henry n'en bénéficie que pour une seule table. Elle reconnaît également un retard dans le dépôt de son dossier de demande d'indemnisation auprès du Département, mais bénéficie du soutien de la Mutuelle sociale agricole pour rattraper son retard administratif.

Les espoirs pour 2026

Face à ces défis, Christine Henry formule des souhaits simples mais essentiels pour l'année à venir : "Qu'il fasse moins chaud ! Et que l'on règle, une fois pour toutes, ce problème de déversement d'eaux usées dans l'étang !" Elle insiste sur le fait que les ostréiculteurs subissent ces problèmes sans en être responsables, appelant à des solutions durables pour préserver l'environnement et l'activité économique locale.

Malgré les difficultés, Christine Henry reste déterminée à poursuivre son métier avec passion. Propriétaire de sa maison à Castelnau-le-Lez, elle continue de travailler avec rigueur pour maintenir sa production et satisfaire sa clientèle, tout en espérant des conditions plus favorables pour l'avenir de l'ostréiculture dans la région.

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