Jeudi soir, alors que la Bretagne suffoquait sous une chaleur accablante, de violents orages ont éclaté, apportant des pluies diluviennes et des vents tourbillonnants. À Pancé, une petite commune rurale au sud de Rennes, un phénomène météorologique violent a causé des dégâts significatifs, notamment chez un maraîcher bio.
Le récit du maraîcher : un chaos soudain
Yohann Gallais, maraîcher au Jardin de la rue Creuse, raconte : « J’étais parti faire une course avec les enfants. Quand on est revenus, il pleuvait énormément. Au début, moi j’étais content qu’il pleuve pour que ça arrose les champs. Mais rapidement, on a vu que ça devenait violent. Sur la route, il y avait des branches par terre. » En approchant de son exploitation, il découvre l’ampleur des dégâts : « J’ai vu le chaos. Sur 20 ou 25 mètres de long, tout a été soufflé, il n’y a plus rien. On pense à un effet tornade. Ce sont des arbres solides, ça a dû être d’une très grande violence. »
Des arbres centenaires couchés, des cultures écrasées
Des chênes centenaires, des pins, un noyer et bien d’autres arbres ont été déracinés par la violence des vents. Ces arbres, qui offraient ombre et fraîcheur aux parcelles cultivées en agroforesterie, un système plus résilient face au changement climatique, ont cédé. En tombant, ils ont écrasé les carottes, les oignons et les fraises qui tentaient déjà de survivre aux 42 degrés de la journée. Le système d’irrigation a également été endommagé. « On l’a bricolé avec des copains ce week-end », commente le maraîcher, fataliste. Heureusement, ses tunnels sont épargnés, contrairement à ceux de son ami pépiniériste, installé dans la même commune. Dans le secteur, des habitants ont vu des arbres s’écraser sur leur voiture.
Un élan de solidarité local
Yohann Gallais confie : « J’ai failli tout arrêter. Parce que j’ai fait beaucoup de sacrifices pour lancer cette activité. Là, je prends du retard sur mes plantations. Ça va être compliqué. Mais quand j’ai vu tout le soutien que je recevais, je me suis dit que je n’avais pas le droit d’arrêter. » Des amis, des collègues agriculteurs, des élus et des habitants de la commune ont proposé leur aide pour remettre la ferme sur pied. Une cagnotte en ligne a même été lancée pour soutenir Yohann Gallais et son ami pépiniériste. « C’est énorme. Ça fait vraiment du bien au moral », ajoute-t-il. L’agriculteur attend désormais de savoir si l’état de catastrophe naturelle pourra être reconnu.



