Nouveau foyer de nématode détecté dans les Landes : l'inquiétude grandit pour la forêt
Nouveau foyer de nématode détecté dans les Landes

Un parasite redouté fait son retour dans les Landes

Le retour du nématode du pin, un petit ver particulièrement destructeur pour les conifères, était presque autant redouté que son arrivée initiale sur le sol français. Après une première détection le 4 novembre 2025 dans un bois de Seignosse, dans la forêt des Landes, un second foyer a été officiellement annoncé ce mardi 17 mars à Angresse, situé seulement 3 kilomètres plus au sud.

Un protocole strict mais adapté

Depuis la découverte du premier foyer, la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) a mis en place un protocole extrêmement rigoureux. Celui-ci incluait initialement une coupe rase dans un rayon de 500 mètres autour du foyer contaminé, ainsi que l'établissement d'une zone tampon de 20 kilomètres où l'exploitation du bois était strictement limitée et soumise à un traitement thermique spécifique.

« Entre 35 000 et 40 000 arbres identifiés dans la zone tampon », précise Virginie Alavoine, directrice régionale de la Draaf. Depuis le début du mois de mars, la quasi-totalité des arbres de la zone directement infestée a été abattue. Chaque pin de la zone tampon présentant des signes de dépérissement, de mort ou simplement suspect doit être analysé en laboratoire, puis abattu et broyé pour minimiser les risques de propagation.

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La course contre la montre avant le printemps

L'urgence est d'autant plus grande que le 1er avril marque le début de la période chaude, moment où le coléoptère monochamus, vecteur principal du nématode, sort de son hibernation. « Jusqu'à fin avril, nous nous concentrons sur un rayon de 3 kilomètres. Environ 4 000 arbres sont visés. Nous avons déjà 2 880 résultats d'analyses et 900 sont en cours. Jusqu'ici, tous les prélèvements étaient négatifs », explique Virginie Alavoine.

Mais cette série négative a pris fin mardi. Un prélèvement effectué le 6 février sur un arbre mort d'une parcelle privée à Angresse, dans la zone tampon, a donné un premier résultat positif le 13 mars, confirmé le 17 mars. « Nous espérions bien ne pas avoir d'autre cas positif. Mais il est trop tôt pour évaluer l'ampleur des conséquences », reconnaît la directrice.

Changement de stratégie face au nouveau foyer

Face à cette nouvelle détection, le protocole évolue. « Il est en cours de validation, reprend Virginie Alavoine. Mais, pour l'instant, il ne devrait pas y avoir de coupe rase. Nous arrivons au printemps, et laisser du bois coupé en grande quantité en bord de route pourrait accroître les risques de propagation. Nous poursuivons le protocole existant. » La zone tampon est toutefois élargie de quelques kilomètres vers le sud et inclut désormais la commune de Briscous, au Pays basque.

L'inquiétude des professionnels de la forêt

« Honnêtement, nous avons pris un coup sur la tête », se désole Stéphane Viéban, directeur général de la coopérative Alliance Forêts Bois, l'un des trois exploitants forestiers mandatés avec Planfor et Forestière Lapègue. « Avec un seul cas, le 'patient zéro', nous avions un espoir. Au final, nous trouvons un second foyer. Pourquoi pas d'autres ? Nous sommes très inquiets pour la suite. »

Selon lui, la méthode employée par l'État est appropriée, mais les délais sont problématiques. « Entre les longues analyses, les marchés publics fastidieux et les demandes d'autorisation à abattre pour chaque propriétaire, nous perdons du temps. Il faut accélérer maintenant. Vraiment. » La pression monte pour contenir ce parasite avant qu'il ne cause des dégâts irréversibles à l'écosystème forestier landais.

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