Moyens aériens et terrestres des pompiers français face aux incendies
Moyens des pompiers français face aux incendies

Des moyens aériens sous tension

La France dispose de 12 Canadair, des avions bombardiers d'eau d'une capacité de 6 000 litres, basés à Nîmes-Garons. Selon le gouvernement, deux appareils supplémentaires ont été commandés début juin 2026, avec des livraisons prévues en 2032 ou 2033. Ces commandes s'ajoutent aux deux premiers DHC-515 commandés en 2024 et cofinancés par l'Union européenne dans le cadre du programme RescEU, livrables en 2028 et devant être mis à disposition de l'UE en cas de besoin. Cependant, sur les 12 Canadair actuels, un est en réparation après un accident en Corse en mai 2025. Mardi 21 juillet 2026, seuls huit appareils étaient disponibles, selon un document de la Sécurité civile consulté par l'AFP.

Des flottes vieillissantes

Outre les Canadair, la Sécurité civile dispose de huit avions Dash, spécialisés dans l'attaque des feux naissants avec une capacité de largage de 10 000 litres. Selon Laurent Nuñez, six ont été livrés entre 2019 et 2020. Chaque saison depuis 2023, l'État loue également dix hélicoptères bombardiers d'eau et six Air Tractors. La direction de la Sécurité civile a aussi mentionné le recours possible à un avion de transport militaire A400M, équipé d'un kit de largage d'eau de 20 tonnes. Dans un rapport d'information déposé début juillet 2025 par les députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS), l'âge des appareils est questionné : "La situation la plus critique est celle des Canadair, dont la moyenne d'âge est aujourd'hui de 30 ans", écrivent-ils, tandis que celle des Beechcraft (45 ans) rend nécessaire leur remplacement rapide. Les deux plus anciens Dash ont une moyenne d'âge de 20 ans, contre deux à six ans pour les six autres.

Moyens terrestres : un axe majeur

Selon la Sécurité civile, 95 % des feux sont éteints uniquement avec des moyens au sol. Après les feux de 2022, un renouvellement a été amorcé via des "pactes capacitaires" visant à renforcer les moyens des services départementaux d'incendie et de secours (Sdis). D'ici 2027, 1 083 engins (camions-citernes feux de forêt, véhicules légers hors route…) doivent être livrés, dont 541 au 1er juillet 2026, incluant 365 camions-citernes feux de forêt (CCF) et 176 véhicules légers hors route. 47 engins supplémentaires sont attendus d'ici fin août. Cependant, selon la CFDT, "environ 150 ont été retirés" pour problèmes techniques. La CGT s'interroge sur le nombre de véhicules écartés pour vétusté. Des pompiers dénoncent des défaillances liées à l'application de normes européennes antipollution.

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Effectifs et organisation

La France compte 200 900 sapeurs-pompiers volontaires, 44 300 professionnels et 13 370 militaires (Paris et Marseille). Chaque été, plus de 90 % des incendies sont traités par les Sdis avant d'atteindre un hectare, et moins de 3 % dépassent 10 hectares. En cas de besoin, des renforts intrazonaux, extrazonaux et nationaux peuvent être déployés. Plusieurs centaines de sapeurs-sauveteurs de la Brigade des militaires de la Sécurité civile, des pompiers de Paris, et le protocole Héphaïstos (renfort du ministère des Armées) complètent le dispositif estival. Selon la Sécurité civile, "sauf circonstances exceptionnelles, toute période d'activité de 16 heures est suivie d'un temps de repos (huit heures par période de 24 heures)".

Analyse des risques et prépositionnement

Chaque matin, la Sécurité civile s'appuie sur la météo des forêts pour identifier les secteurs les plus à risque pour les 48 heures à venir, ce qui permet de prépositionner moyens terrestres et aériens de façon adaptée, selon l'organisation.

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