Pourquoi ce monticule de sable sur la plage centrale du Lavandou ?
Non, il ne s’agit pas de la construction d’une piscine naturelle, comme certains touristes surpris par cet imposant tas rectangulaire de sable pourraient le penser. Ce monticule est le résultat du dragage de l’entrée du port, une opération nécessaire après les récentes tempêtes d’est qui ont provoqué une forte accumulation de sable dans la passe d’accès des navettes.
Les détails de l’opération de dragage
Le dragage a débuté le 23 mars et s’est achevé le 17 avril. Pendant cette période, 2 000 mètres cubes de sédiments ont été retirés, comme l’explique Vincent Bérenguier, maître de port : « Nous avons enlevé 2 000 m³ de sédiments au droit des vedettes à passagers pour améliorer l’accès au bassin du château et faciliter les manœuvres. » Le sable a été pompé vers un bassin de décantation pour sécher et décanter. En 2025, 2 700 m³ avaient déjà été extraits.
Clélia Moussay, du service mer et littoral, précise : « Généralement, on ne drague pas de si grandes quantités deux années de suite, mais les importants coups d’est de fin 2025 et début 2026 ont rendu cette opération obligatoire. » Une bathymétrie réalisée en janvier avait déjà alerté sur le niveau élevé de sable, permettant de lancer la procédure d’autorisation annuelle de dragage.
Valorisation des sédiments pour lutter contre l’érosion
L’objectif est de réutiliser ces sédiments sur d’autres zones de la plage en proie à l’érosion, notamment près du poste de secours. Un dossier réglementaire a été déposé auprès de la Dreal Paca pour déplacer 1 500 m³ de sable vers la plage située entre le poste de secours et la rue de l’Oustal. La municipalité a également sollicité l’autorisation de récupérer 500 m³ de sédiments issus du dragage du port voisin de Bormes, ces sables provenant de la même cellule hydrosédimentaire.
La récupération et l’apport de sable sur les plages sont soumis à des règles strictes : au-delà de la quantité, c’est le profil de la plage qui doit être préservé pour maintenir l’harmonie du trait de côte. « Cette valorisation s’inscrit dans la future stratégie locale de gestion intégrée du trait de côte (SLGITC), dont les cartes locales d’exposition au recul du trait de côte (CLERC) sont les prémices », conclut Clélia Moussay.



