Une renaissance verte dans les plaines marocaines
Le paysage agricole du Maroc connaît une transformation spectaculaire après les pluies exceptionnelles de l'hiver 2025-2026. Dans la région de Béni Mellal-Khenifra, au cœur du Moyen Atlas, les terres autrefois desséchées reverdissent de manière impressionnante.
Le témoignage d'un agriculteur soulagé
Toufik Bahji, agriculteur de 56 ans, contemple avec émotion l'immensité verte de la plaine de Tighza où il cultive 150 hectares de céréales et élève près de 450 moutons. « L'eau est revenue et, avec elle, l'herbe, luxuriante », confie-t-il, un sourire profondément gravé au coin des yeux. Sept années s'étaient écoulées depuis qu'il n'avait pas vu ses parcelles donner autant.
« Depuis des années, le paysage se réduisait à de la terre et des pierres, alors là ce n'est pas la Suisse, mais presque », plaisante l'agriculteur sous un ciel bas saturé de nuages menaçants. Son soulagement est palpable après une longue période de lutte contre la sécheresse.
Des précipitations records
Les données météorologiques révèlent l'ampleur exceptionnelle de ces précipitations : depuis décembre 2025, plus de 600 millimètres de pluie ont nourri les terres semi-arides de cette région, contre seulement 230 millimètres début 2025 et 190 millimètres début 2024. Cette augmentation spectaculaire représente une véritable bouffée d'oxygène pour une agriculture mise à rude épreuve.
Un contraste régional marqué
Alors que ces averses ont été salvatrices pour les agriculteurs de la périphérie de Meknès, située à 130 kilomètres au sud, elles ont provoqué des conséquences dramatiques dans le nord du pays. Les pluies exceptionnelles de janvier et février 2026 ont en effet entraîné des inondations massives, nécessitant l'évacuation de près de 150 000 personnes de la ville de Ksar El-Kébir.
La relance des cultures céréalières
Ces précipitations abondantes revigorent des sols appauvris par sept années consécutives de sécheresse. Elles permettent notamment la relance de la culture des céréales, dominante dans la région du Moyen Atlas. Les agriculteurs peuvent désormais espérer des récoltes substantières de blé tendre, de blé dur et d'orge, cultures essentielles à l'économie agricole marocaine.
La transformation est si radicale que les plaines semi-arides ressemblent désormais à de véritables prairies verdoyantes. Cette renaissance agricole intervient à un moment crucial pour de nombreux exploitants qui avaient vu leurs rendements diminuer dangereusement au fil des années de sécheresse.
Les autorités agricoles marocaines suivent avec attention cette évolution climatique favorable, tout en restant vigilantes face aux risques d'inondations dans d'autres régions du pays. La question de la gestion durable des ressources en eau demeure plus que jamais au centre des préoccupations nationales.



