Maraîcher à Vendémian : "J'ai l'impression d'être maître-nageur" face aux sols détrempés
Maraîcher face aux sols détrempés : "Maître-nageur plutôt que cultivateur"

"J'ai l'impression d'être maître-nageur" : le calvaire d'un maraîcher face aux sols détrempés

À Vendémian, dans l'Hérault, Vivien Sabot, patron de l'exploitation bio Basse-cour et Courtois, conserve son sens de l'humour malgré une situation critique. "Effectivement, ça baigne", lance-t-il, avant d'ajouter : "Depuis des semaines, j'ai davantage l'impression d'être maître-nageur que maraîcher." En cause, des cumuls de pluie vertigineux et surtout leur durée exceptionnelle.

Des pluies hivernales interminables

Selon Vivien Sabot, même les anciens du village sont étonnés par la persistance de ces précipitations. "Le pays a toujours connu des épisodes cévenols, mais là, ça fait trois mois que ça tombe", explique-t-il. Il a arrêté de compter les quantités d'eau qui s'accumulent, car "cela ne sèche jamais". Les sols argileux de son exploitation sont gorgés d'eau, empêchant toute infiltration et asphyxiant la terre.

Plantations retardées et risques pour l'exploitation

Les conséquences sont directes : impossible de travailler les champs au tracteur sans creuser des ornières ou tasser les sols. Les radis, radis noirs et navets, qui devraient être en pleine récolte, ne pourront être plantés avant au moins quinze jours. "J'ai pris beaucoup de retard", déplore le maraîcher, qui craint aussi un revirement météorologique : "Si ça se trouve, dans deux mois, nous serons en état de sécheresse."

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Solutions temporaires et diversification

Pour limiter les dégâts, Vivien Sabot a aménagé des bessières autour de ses serres, sous les conseils d'Olivier Hébrard, docteur en sciences de l'eau. Ces bassins stockent l'excédent et protègent partiellement les cultures. Les légumes d'été, comme les tomates et courgettes, rattraperont leur retard sous abri, mais les productions de plein champ restent compromises.

Face à cette instabilité, le maraîcher diversifie son activité vers la production florale. "La fleur demande davantage de travail humain mais elle a un meilleur rendement", justifie-t-il, soulignant la dynamique positive de la fleur française. Cette adaptation lui permet de retrouver un peu de sérénité.

Un impact humain plus qu'économique

Au-delà des pertes financières, Vivien Sabot insiste sur l'impact psychologique. "Cela fragilise surtout la santé du maraîcher, des humains, plus que cela ne met en danger l'exploitation", mesure-t-il. Les aléas climatiques rendent la planification impossible et pèsent sur le moral des agriculteurs.

En attendant le retour du soleil, Basse-cour et Courtois participera au week-end "De ferme en ferme" les 25 et 26 avril, une occasion de partager ces défis avec le public.

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