Salon de l'Agriculture 2026 : Emmanuel Macron face à la colère persistante des agriculteurs
Macron au Salon de l'Agriculture face à la colère agricole

Le président face à un monde agricole en pleine défiance

À quinze mois de la fin de son mandat, Emmanuel Macron peut-il encore se rendre audible auprès d'un monde agricole profondément méfiant, malmené par des crises successives et de plus en plus tenté par la radicalité des discours dégagistes ? Cette question cruciale plane sur la visite du chef de l'État au 62e Salon international de l'agriculture, samedi 21 février 2026, au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

Un soutien affiché mais contesté

Dans les allées du salon, le président vient avant tout pour « témoigner de son soutien au monde agricole », comme l'appuie fermement son entourage. Cependant, cette déambulation annuelle, rituelle pour tout chef de l'État, se voit une nouvelle fois contrariée par la colère agricole qui ne désarme pas. La situation est particulièrement tendue, reflétant les fractures profondes au sein de la profession.

Le boycott de deux syndicats majeurs

Deux organisations syndicales ont annoncé vouloir boycotter la venue d'Emmanuel Macron porte de Versailles : la Coordination rurale, proche de l'extrême droite, et la Confédération paysanne, classée à gauche. « Ils veulent profiter de cette caisse de résonance qu'est le Salon de l'agriculture pour continuer à mener la bataille syndicale qui n'a jamais vraiment cessé depuis les élections aux chambres d'agriculture de 2025 », estime Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

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Une opposition à l'hégémonie de la FNSEA

Ces deux syndicats contestent ouvertement l'hégémonie du principal syndicat agricole, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Ces derniers mois, ils ont été les forces motrices de la mobilisation contre la stratégie gouvernementale de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse, une épizootie qui a frappé durement les élevages.

La cristallisation des colères

L'abattage systématique des troupeaux contaminés, mis en œuvre pour éradiquer la maladie, a cristallisé l'émotion d'un monde agricole déjà épuisé par les aléas climatiques récurrents. Les agriculteurs se dressent également vent debout contre ce qu'ils perçoivent comme une concurrence déloyale, imputée aux normes environnementales strictes et aux barrières tarifaires qui désavantagent leurs productions.

Cette visite présidentielle intervient donc dans un contexte extrêmement volatile, où les revendications économiques se mêlent à un profond malaise identitaire et social. Les agriculteurs, sentinelles d'une France rurale en mutation, attendent des actes concrets et des réponses rapides à leurs détresses quotidiennes.

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