Loi d'urgence agricole : primauté absolue des usages agricoles de l'eau
Loi d'urgence : primauté absolue de l'eau agricole

Le projet de loi d'urgence agricole, présenté ce lundi 20 juillet 2026 en Conseil des ministres, établit la primauté absolue des usages agricoles de l'eau sur les besoins des autres usagers. Cette mesure, justifiée par le gouvernement comme nécessaire pour faire face à la sécheresse et garantir la souveraineté alimentaire, suscite de vives réactions parmi les associations environnementales.

Un texte qui bouleverse la hiérarchie des usages de l'eau

Le texte prévoit qu'en période de pénurie, les besoins en eau pour l'irrigation agricole seront prioritaires par rapport à l'eau potable, aux loisirs ou aux usages industriels. Selon le ministre de l'Agriculture, cette disposition vise à "protéger les récoltes et assurer la sécurité alimentaire du pays". Actuellement, la loi sur l'eau de 1992 établit une hiérarchie qui place l'eau potable en premier, suivie des usages économiques.

Les opposants dénoncent une "révolution juridique" qui pourrait fragiliser l'approvisionnement en eau des populations. "C'est une atteinte grave au droit à l'eau pour tous", a déclaré la présidente de l'association Eau Secours. Selon elle, cette loi "sacrifie les besoins essentiels des citoyens sur l'autel de l'agro-industrie".

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Des chiffres qui inquiètent

En France, l'agriculture représente environ 45 % de la consommation totale d'eau, selon les données du ministère de la Transition écologique. En période de sécheresse, ce chiffre peut monter jusqu'à 70 % dans certaines régions. Le gouvernement affirme que les restrictions ne concerneront que les situations de crise, mais les détracteurs craignent une application systématique.

"Donner la priorité à l'agriculture, c'est prendre le risque de priver des milliers de foyers d'eau potable", a averti un porte-parole de France Nature Environnement. L'association rappelle que 3 millions de Français sont déjà confrontés à des restrictions d'eau chaque été.

Un dispositif d'urgence critiqué

La loi d'urgence agricole, qui doit être examinée en procédure accélérée au Parlement, comprend également des mesures de simplification administrative pour les projets de retenues d'eau et de bassines. Le gouvernement espère ainsi répondre à la colère des agriculteurs qui ont manifesté en début d'année pour réclamer plus d'eau.

Les écologistes dénoncent un "cadeau fait à l'agro-industrie" et appellent à une gestion plus sobre de l'eau. "Au lieu de donner la priorité à l'irrigation, il faudrait encourager des cultures moins gourmandes en eau et lutter contre le gaspillage", a souligné la députée écologiste Sandrine Rousseau.

Le texte sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du 15 septembre. Le gouvernement a engagé l'article 49.3 pour faire adopter la loi sans vote, ce qui a provoqué l'indignation de l'opposition.

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