Loi d'urgence agricole : le Parlement tranchera sur les pesticides interdits
Loi d'urgence agricole : pesticides interdits, le Parlement tranche

Le gouvernement a annoncé qu'il laissera le Parlement trancher sur la réintroduction des pesticides interdits dans le cadre de la loi d'urgence agricole, selon un projet de texte consulté par Libération. Cette décision intervient après des mois de tensions entre les agriculteurs, qui réclament des assouplissements réglementaires, et les défenseurs de l'environnement, qui dénoncent un recul sanitaire.

Un projet de loi controversé

Le projet de loi d'urgence agricole, présenté en conseil des ministres le 20 juillet, prévoit initialement de permettre aux agriculteurs de déroger à certaines normes environnementales en cas de crise. Parmi les mesures les plus contestées figure la possibilité de réautoriser des pesticides dont l'usage a été interdit par l'Union européenne. Le gouvernement, soucieux d'apaiser la colère du monde agricole, a choisi de ne pas imposer sa position et de renvoyer la décision au Parlement.

Selon le texte, les députés et sénateurs devront se prononcer sur un amendement permettant de suspendre temporairement l'interdiction de certains pesticides. Cette disposition vise à répondre aux difficultés des agriculteurs confrontés à des impasses techniques, notamment pour lutter contre des ravageurs résistants. Le ministère de l'Agriculture estime que cette mesure pourrait concerner une dizaine de substances actives.

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Réactions contrastées

Les syndicats agricoles majoritaires, comme la FNSEA, ont salué cette avancée. « C'est une reconnaissance des difficultés que nous rencontrons sur le terrain. Nous espérons que le Parlement saura faire preuve de pragmatisme », a déclaré un porte-parole. En revanche, les associations environnementales ont exprimé leur indignation. « C'est un dangereux précédent qui met en péril la santé des agriculteurs et des consommateurs », a dénoncé Greenpeace France.

Le débat parlementaire s'annonce houleux. Plusieurs députés de la majorité se sont dits favorables à une réintroduction encadrée, tandis que l'opposition de gauche réclame le maintien des interdictions. Le vote est prévu pour septembre, après la rentrée parlementaire.

Un contexte de crise agricole

Cette loi d'urgence s'inscrit dans un contexte de crise agricole marquée par la baisse des revenus, les aléas climatiques et la pression réglementaire. Le gouvernement espère ainsi calmer la colère des agriculteurs, qui ont multiplié les actions de protestation ces derniers mois. Cependant, les ONG environnementales rappellent que les pesticides interdits le sont pour des raisons sanitaires et écologiques. « Nous ne pouvons pas sacrifier la santé publique sur l'autel de la compétitivité », a insisté un porte-parole de Générations Futures.

Au total, le projet de loi comporte une vingtaine d'articles, dont certains visent à simplifier les procédures administratives et à renforcer les aides aux agriculteurs en difficulté. Le sort des pesticides interdits reste l'un des points les plus sensibles, et le gouvernement a choisi de s'en remettre à la représentation nationale.

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