Le vote de la loi d'urgence agricole, soutenu par les députés Jean-François Rousset et Pauline Cestrières, suscite des tensions en Aveyron. Le député Laurent Alexandre (LFI) s'y oppose, critiquant la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone, jugés dangereux pour l'environnement et la santé. Il plaide pour des mesures alternatives et une agriculture durable.
Un texte qui ne répond pas aux besoins urgents
Pour Laurent Alexandre, la loi adoptée par l'Assemblée nationale ne répond pas aux véritables priorités des agriculteurs. Il cite la garantie de prix rémunérateurs, la lutte contre la concurrence déloyale et l'adaptation au changement climatique comme des enjeux fondamentaux. Selon lui, le texte ne protège pas les agriculteurs français de la concurrence déloyale au niveau européen et n'aborde aucun enjeu essentiel pour l'agriculture aveyronnaise et française.
Opposition à la réintroduction de pesticides
Le député s'oppose particulièrement à la réintroduction encadrée de l'acétamipride et du flupyradifurone. Il rappelle que le principe de précaution est inscrit dans la Constitution et devrait s'appliquer lorsque la santé humaine et l'environnement sont menacés. Il s'appuie sur les avis de l'EFSA, qui alerte sur la toxicité de l'acétamipride, et sur des études scientifiques mettant en cause le flupyradifurone pour son impact sur les eaux souterraines et les pollinisateurs.
Agriculture et écologie ne doivent pas être opposées
Laurent Alexandre refuse de voir un conflit entre agriculture et écologie. Il affirme que sans sols vivants, pollinisateurs et biodiversité, l'agriculture court un grand danger. La transition écologique est selon lui une condition de la pérennité des exploitations.
Critique du gouvernement et propositions alternatives
Le député reproche au gouvernement d'avoir refusé toute mesure alternative et d'avoir fait peser la décision de réintroduire ces pesticides sur la seule Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), plutôt que d'assumer un choix politique. Il a défendu d'autres pistes, comme l'interdiction à l'importation de produits cultivés avec des pesticides interdits en France, la mise en place de prix planchers couvrant les coûts de production, et un approvisionnement 100% français de la restauration collective.



