Mattin Etcheverria, nouveau président d'Irouléguy, priorise climat et travail vigneron
Irouléguy: nouveau président place climat et travail au cœur

Mattin Etcheverria, nouveau président de la Cave d'Irouléguy, place le climat et le travail au centre

À seulement 36 ans et avec six vendanges à son actif, Mattin Etcheverria prend la présidence de la cave des vignerons d'Irouléguy avec une maturité remarquable. Dans la continuité de la stratégie de son prédécesseur Olivier Martin, il explique comment le vignoble doit s'adapter aux nouvelles réalités environnementales, en plaçant le travail du vigneron au-dessus des simples rendements.

Un parcours atypique vers la viticulture

Comment êtes-vous arrivé à la tête d'une exploitation viticole ? Originaire de Jaxu, Mattin Etcheverria a vu son père arracher les vignes familiales pour se tourner vers l'élevage. Désireux de devenir vigneron, il a cherché à s'installer sur une propriété d'un exploitant partant à la retraite. « J'ai trouvé celle de Daniel Ithurburua. On s'est très bien entendu et la transmission s'est passée sans difficulté », raconte-t-il. Aujourd'hui en fermage, il a converti le vignoble en bio en 2024 et a planté un hectare supplémentaire de vigne blanche.

Une implication naturelle dans la coopérative

Qu'est-ce qui vous a motivé à prendre des responsabilités à la Cave ? « Cela s'est fait assez naturellement », explique-t-il. Curieux, il s'est impliqué dans le conseil d'administration avant d'accepter la présidence, voyant ce rôle comme celui de porte-voix des vignerons. « Olivier Martin souhaitait prendre un peu de recul, cela tombait au bon moment ».

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L'adaptation au changement climatique, une priorité absolue

Vous insistez beaucoup sur l'adaptation au changement climatique. Est-ce si inquiétant ? « Le climat, c'est la préoccupation de tous les vignerons », affirme Mattin Etcheverria. Pour mieux s'adapter, la Cave a engagé un ingénieur agronome qui examine 18 parcelles sélectionnées pour leurs particularités. « Il analyse les sols, les feuilles, interprète les déséquilibres », détaille le président. Avec plus de 200 parcelles au total, cette approche permet de comparer et corriger les pratiques.

Les conséquences concrètes de la météo

Quelles sont les conséquences de la météo aujourd'hui ? « Les températures augmentent et on constate plus de périodes de pluie au printemps, ce qui favorise le développement du mildiou », observe-t-il. Les étés plus chauds et secs font souffrir les vignes, nécessitant anticipation et adaptation basées sur des faits scientifiques.

Une rémunération rééquilibrée en faveur du travail

Autre objectif majeur : la consolidation de la rémunération des 27 adhérents. Jusqu'ici, 40% de la rémunération provenait du travail des vignerons et 60% des volumes de récolte. « L'idée est de rééquilibrer les parts », explique Mattin Etcheverria. Désormais, le volume de raisin comptera pour 45% et le travail pour 55%. « S'il y a plus de travail lié au changement climatique, il faut que ce soit valorisé ». Ce modèle unique privilégie une vision collective, incluant toutes les exploitations, du conventionnel au bio.

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