Inondations dévastatrices dans le Confluent : une digue cède et menace l'avenir des cultures
La plaine de la Garonne, réputée pour ses terres fertiles, subit des inondations depuis plusieurs jours, mettant en péril des centaines d'hectares de cultures. Entre Port-Sainte-Marie et Aiguillon, une digue a cédé, impactant près de 300 hectares sur cette plaine alluviale. Les vergers et les cultures sous serre n'ont pas résisté à l'invasion du fleuve, provoquant des inquiétudes profondes parmi les producteurs locaux.
Une brèche de 40 mètres et des pertes potentielles massives
La rupture de la digue, initialement due à un « petit trou de taupe » selon Patrick Paul, producteur de kiwis, s'est transformée en une brèche de 40 mètres. « La digue a été refaite en 1977, mais elle a été pensée d'une façon beaucoup trop étroite », observe-t-il. Cette faille a créé un « fleuve bis » qui inonde les exploitations, menaçant particulièrement les vergers de kiwis, très sensibles aux excès d'eau et à l'asphyxie racinaire.
Patrick Paul, ainsi que Jean-Pierre et Marie-José Sanz, papes du kiwi dans la région, craignent des pertes d'arbres, de vergers entiers et de fonds, représentant des années de travail anéanties. « Le sujet des digues est aujourd'hui primordial », insistent-ils, notant que c'est la première fois qu'ils observent une telle rupture près de leurs exploitations.
Appel à l'aide de l'armée et urgence des réparations
Face à cette crise, Karine Duc, présidente de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, en appelle à la présence de l'armée. « C'est extrêmement urgent. L'armée avait été saisie en 1999 et 2009. Il faut à nouveau les solliciter », déclare-t-elle. Elle propose d'utiliser des hélicoptères pour apporter des sacs de sable afin de reconstituer provisoirement les digues et combler les fissures en urgence.
Le préfet Bruno André a rencontré des exploitants impactés ce lundi 16 février, et la Chambre d'agriculture travaille à former un tandem efficace avec l'État pour remonter les digues. « Il ne s'agit pas d'effectuer ces travaux dans l'illégalité. L'État s'occupe de la partie administrative, nous agissons au niveau technique », assure Karine Duc.
Dégâts supplémentaires causés par la tempête Nils
Outre les inondations, la tempête Nils a endommagé de nombreux bâtiments et serres. À Aiguillon, chez Driss Essouhi, 50 % des plants de fraises sont « couchés par terre ». « Le vent puis les inondations ont fait bouger les structures », explique-t-il, ajoutant que des travaux sont en cours pour réparer et colmater avec l'aide de la FDSEA.
José Pérez, président de la CR 47, appelle à la solidarité entre paysans « dès que la situation le permettra ». En attendant, la Chambre d'agriculture examine la sollicitation de fonds d'urgence et la classification du territoire en état de catastrophe naturelle, espérant ainsi atténuer les conséquences économiques de cette catastrophe.



