Dans le Gard, des pêcheurs sauvent des centaines de poissons de la sécheresse
Gard : des pêcheurs sauvent des centaines de poissons de la sécheresse

Dans le Gard, à Ponteils-et-Brésis, la rivière Cèze est victime de la sécheresse et des vagues de canicule, affichant un niveau historiquement bas. Face à cette situation, les bénévoles des "Amis de la Cèze" et la fédération de pêche du Gard se sont mobilisés pour sauver les poissons condamnés.

Une opération de sauvetage urgente

Thierry Chapon, pêcheur de 78 ans et membre des Amis de la Cèze, participe à une opération sauvetage organisée par la Fédération de Pêche du Gard. "D'habitude, ici, il y a des jeunes qui se baignent", regrette-t-il. La rivière a presque disparu, laissant place à un lit de galets blancs et quelques flaques où survivent quelques poissons.

Vincent Ravel, président de la Fédération de pêche du Gard, explique : "Les Amis de la Cèze nous ont alertés sur la sécheresse qui touchait le cours d'eau, on a décidé d'organiser une session de sauvetage." La fédération, qui représente 16 000 pêcheurs du département, a mis en place une pêche électrique, "l'une des seules techniques de pêche capables de récupérer les poissons réfugiés dans les dernières poches d'eau".

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La pêche électrique : une technique efficace

Louis Bourgoin, salarié de la fédération, utilise un appareil appelé "martin-pêcheur" qui délivre un courant électrique de 200 watts. "En le plongeant dans l'eau, l'électricité se diffuse et anesthésie temporairement les poissons", explique-t-il. Truites, vairons et autres poissons blancs remontent à la surface, étourdis mais indemnes. "C'est un peu barbare mais c'est la technique la plus efficace et la moins dangereuse", précise le pêcheur de 22 ans.

Les douze bénévoles des Amis de la Cèze, tous retraités sauf Aloys, 11 ans, surnommé "la relève", récupèrent les poissons à l'épuisette. Après plusieurs heures d'intervention, le bilan est dressé.

Un bilan encourageant mais amer

Christian Arbousset, président de l'association de pêcheurs de la Cèze, se félicite : "On a récupéré 83 truites et plus de 200 poissons blancs." Les poissons sont placés dans des cuves oxygénées puis relâchés quelques kilomètres plus loin, là où la rivière coule encore. "On a sauvé plusieurs centaines de poissons qui étaient condamnés à mourir. C'est une satisfaction, mais on ne peut pas s'empêcher de penser aux autres rivières asséchées. Là-bas aussi, les dégâts doivent être considérables", glisse le Bességeois de 72 ans.

Selon l'Observatoire national des étiages (Onde), 13 % des cours d'eau du Gard sont à sec. Un niveau d'eau historiquement bas qui inquiète les pêcheurs. "On n'a jamais vu ça, lors des dernières grandes canicules (2003 et 2022, NDLR) la Cèze était à sec au mois d'août, pas avant", témoigne Thierry Chapon.

Le dérèglement climatique en pleine face

Les pêcheurs sont unanimes : le dérèglement climatique est une réalité. "On est des pêcheurs écolos", estime Christian Arbousset. "On prend le réchauffement climatique en pleine face", souffle Mickael Ferrante, agent de la Fédération de Pêche du Gard. "Si on a une nouvelle canicule dans les prochains jours, on est mort", alerte Thierry Chapon.

D'après Météo France, la canicule qui touche le Gard, l'Hérault et quatre autres départements français pourrait durer, menaçant davantage les cours d'eau déjà à sec.

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