Une fusion viticole historique en Lot-et-Garonne
Les adhérents des deux caves coopératives ont approuvé à l'unanimité la fusion des entités lors d'une assemblée générale extraordinaire tenue à Beaupuy, ce jeudi 26 février. Sébastien Laffargue, président de la coopérative des Marmandais, a ouvert la séance en déclarant : « Je reste convaincu que le vin a un avenir », tout en soulignant que cet avenir ne devait pas être vu « en rouge » dans le contexte actuel difficile.
Une décision stratégique face à la crise conjoncturelle
Cette fusion absorption, où les Marmandais absorbent La Girondaise, marque un tournant historique pour les deux structures. Sébastien Laffargue a précisé : « Un chapitre se referme pour eux et si c'est une journée historique, ce n'est qu'une étape dans la vie de la cave dans cette crise conjoncturelle, avec une récolte déficitaire pour la cinquième année consécutive ». L'objectif principal est de gagner en force de frappe économique par la mutualisation des moyens techniques, humains et commerciaux.
Émotion et perspectives pour les coopérateurs
Thierry Tartas, président de La Girondaise, a pris la parole avec une voix empreinte d'émotion : « Nos arrière-grands-parents ont été pionniers en créant la cave qui existait depuis près d'un siècle. Avec ce mariage, nous avons pris la bonne décision au bon moment ». La boutique de l'ancienne coopérative à Gironde-sur-Dropt a fermé définitivement le vendredi suivant l'assemblée.
Financièrement, l'actif net absorbé s'élève à 788 000 euros pour les Marmandais. La nouvelle gouvernance devrait voir Sébastien Laffargue comme président et Thierry Tartas comme vice-président ou membre du bureau.
Une structure élargie avec des ambitions claires
Avec cette fusion, la coopérative compte désormais :
- 97 adhérents
- 1 100 hectares de vignes avant arrachage
- Huit appellations : IGP comté Tolosan, Côtes de Gascogne, Côtes du Marmandais, IGP Atlantique, Saint-Macaire, Entre-deux-Mers, Graves, Bordeaux moelleux
Frédéric Costella, consultant directeur de la cave, a rassuré les exploitants : « Cette fusion absorption, à taille humaine, contrairement à Buzet, n'est pas là pour créer des charges mais que vous, exploitants, ayez une rémunération convenable. Ce serait une grande tristesse de ne pas avoir de vignes dans nos paysages dans les années à venir ».
Développement commercial et défis à relever
Laurine Prendin, responsable vignoble des Marmandais, a détaillé la récolte 2025 : « Sur les 47 000 hectolitres récoltés sur les 1 100 hectares, nous avons collecté en majorité des rouges, merlot et malbec surtout. Avec La Girondaise, on va augmenter les volumes de blanc dans notre commercialisation ». La Girondaise, qui vendait essentiellement en vrac, bénéficiera d'une refonte complète de son marketing par les Marmandais.
Les ambitions sont claires :
- Potentiel de 50 000 hectolitres en 2026
- Chiffre d'affaires de 12 millions d'euros sur une année correcte
Cependant, des défis persistent :
- Risque d'asphyxie des vignes après les crues de février
- Exportations en baisse de 8% vers l'Asie (représentant 44,3% du total)
- Manque de compensation par le marché européen
- Faible performance aux États-Unis, plus gros consommateur mondial
Une lueur d'espoir vient des exportations vers l'Afrique (Nigeria, Sénégal) qui ont enregistré une croissance spectaculaire de +8 000%. Cette fusion représente donc une stratégie de résilience face aux multiples défis économiques et climatiques qui secouent la viticulture française.



