Ce dimanche 11 octobre 2026, la fréquentation des Mayons, l'un des villages les moins peuplés du Var, a explosé : à la mi-journée, on comptait déjà plus de 1 200 visiteurs, soit le double de la population de référence de la bourgade de 625 âmes. Le village lançait ce jour-là sa fête de la châtaigne, en même temps que Collobrières, la capitale de la châtaigne, ouvrant la saison des fêtes dédiées à ce fruit dans le département.
Une ambiance traditionnelle et détendue
Située au cœur du massif des Maures, au bout d'une route qui serpente dans la forêt, la petite bourgade des Mayons tire son épingle du jeu. « Ici, l'ambiance est plus traditionnelle, détendue », juge un visiteur. Moins de monde, plus de proximité, et davantage de possibilités de discuter avec les producteurs. C'est là l'essence même de la fête : permettre aux castanéiculteurs d'écouler leur stock.
Des producteurs locaux et des châtaignes en retard
Les castanéiculteurs ont constaté cette année que les châtaignes ne sont pas encore toutes tombées. « Cette année, la fête arrive un peu tôt, regrettent Alexandre Michelot et Daniel Pons, producteurs locaux. Les châtaignes ne sont pas encore toutes tombées. À titre de comparaison, l'année dernière, nous avions ramassé 260 kg. Et là, seulement 130. » Les effets du changement climatique se font sentir, et si les pluies ont tout de même donné de belles bogues, leur éclosion a « 8 à 10 jours de retard ». Pour le reste, la saison est jugée plutôt bonne. « Il n'y a pas eu de parasite, on a juste la concurrence des premiers récolteurs : chevreuils, sanglier, loirs… »
Que des producteurs locaux présents
Parmi les 70 stands, on trouve un peu de tout. « Il n'y a que des producteurs locaux, affirme Frédérique Pautet, présidente de l'association Les Mayons en fête, organisatrice de l'événement avec le soutien de la mairie. Mais on accueille aussi des stands de produits dérivés, des food-trucks, des stands d'artisans, gastronomiques… » Des animations, notamment pour les plus jeunes, sont également de la partie. « C'est une belle journée d'automne », poursuit-elle, ce qui permet une fréquentation importante, récompensant « l'énorme travail des bénévoles ». « Les Mayons, c'est un village atypique, au pied des Maures, avec les châtaigniers qui sont pratiquement au bout de la rue. »
Un rendez-vous emblématique pour le territoire
Ces fêtes, pour Pierre Cartier, apiculteur de Pierre et Aurélie, sont primordiales pour la défense des spécificités du territoire : « C'est un rendez-vous emblématique qui renvoie à notre identité, estime-t-il. Il faut les préserver, elles font partie de notre culture. » Avec ses miels originaux, dont certains bénéficient de l'apport de la châtaigne, il espère convaincre le public : « Quand on vient ici, on consomme le produit. »
Même espoir à quelques mètres, du côté du stand tenu par Julien, de la brasserie artisanale carnoulaise L'Eclat. « On propose une bière à la châtaigne, que l'on confectionne avec un producteur de Gonfaron uniquement pour ces fêtes, en fût. » Et ça plaît : « Elle est très bonne, on sent la châtaigne dès la première gorgée, soulignent Kathleen et Christian venus de Cavalaire. C'est très frais. »
Une saison à prolonger
Comme de nombreux autres visiteurs, le duo va repartir avec quelques achats sous le bras. De quoi rassurer Alexandre et Daniel, les producteurs des Mayons : « La durée de vie d'une châtaigne, c'est court. Ces fêtes sont importantes pour nous, c'est là qu'on écoule nos réserves. » Et ce n'est pas fini. La semaine prochaine, le dimanche 18 octobre 2026, Les Mayons remettent ça, comme pour Collobrières qui s'étale sur trois dimanches. Mais la fête sera en concurrence avec les autres, qui vont déployer leurs étals un peu partout sur le territoire. Dimanche 18 octobre 2026, outre la fête qui se poursuit aux Mayons, Gonfaron et Camps-la-Source accueillent également les castanéiculteurs et les amateurs de châtaignes, respectivement pour la 35e et 23e édition. Pour clore la série de fêtes des alentours, et pour les amateurs qui auraient loupé les précédents événements, c'est à Pignans que ça se passe, dimanche 25 octobre 2026. Preuve s'il en fallait que la châtaigne, qu'elle soit grillée, en crème, en purée, glacée ou simplement cuite, continue de faire la joie des palais des Varois… et des autres !