Fraise en Lot-et-Garonne : croissance record mais risque de saturation
Fraise : crainte de saturation en Lot-et-Garonne

En France, et plus particulièrement dans le Lot-et-Garonne, la filière fraise continue de s’étendre. « Une belle dynamique », selon l’AOPN, qui craint toutefois, à terme, une saturation des marchés français. Trop de fraises tuent la fraise ? « Attention à ne pas connaître une crise conjoncturelle, comme celle que traverse la viticulture », prévient Émeline Venespen, directrice de l’Association des organisations de producteurs nationale (AOPN) fraises et framboises de France.

Une dynamique prometteuse mais prudente

« Il existe une belle dynamique autour de la fraise dans le Lot-et-Garonne, premier pourvoyeur français, avec des investissements sur des outils modernes, des reprises d’exploitation, des installations », souligne l’AOPN. Le département tire son épingle du jeu depuis plusieurs années grâce à cette culture, qui atteindrait, au fil des ans, un plafond de production. « Le marché ne pourra pas absorber le double de fraises. La filière continue de s’étendre, c’est positif. Mais il faut aujourd’hui bien réfléchir aux conditions de vente, de production, aux variétés que l’on choisit. » À commencer par la gariguette, qui ne manque pas sur le marché.

Le hors-sol en plein essor

Selon l’AOPN, le hors-sol représente près de 70 % de la production. « Cela fait 30 ans que le territoire a basculé. Les rendements sont plus importants car la fraise hors sol souffre moins des aléas climatiques que celle cultivée en pleine terre », détaille Émeline Venespen. Avec 20 000 tonnes récoltées chaque année, le Lot-et-Garonne représente ainsi plus d’un tiers de la production nationale. La Dordogne, où les volumes ont a contrario tendance à baisser, est deuxième, avec 6 000 tonnes annuelles.

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Un marché sous tension

Gariguettes, ciflorettes, maras des bois ont trouvé leurs consommateurs à l’échelle de l’Hexagone. « Mais la croissance à l’infini, cela ne fonctionne pas », insiste la directrice. « Il y aura bientôt plus d’offres que de demandes. » Une réalité, pour un petit fruit qui, las, ne peut être exporté. À l’exception de la Suisse, qui importe « un peu de gariguettes. Car ce pays a le pouvoir d’achat pour cette variété ». En revanche, « on ne peut rivaliser face au mastodonte espagnol en termes de compétitivité. Où le coût de la main-d’œuvre est bien en deçà du nôtre. » La France a aussi opté pour des variétés goûtues, mais plus fragiles. Elles doivent être ramassées rouges. Et non vertes comme le sont les Californiennes, l’une des variétés phares de l’Espagne. La gariguette, la ciflorette, la charlotte etc. ont toutes le mal du transport.

Anticiper les pics de production

L’AOPN adopte une posture vigilante, dans le but de pérenniser la filière, qui a réussi à se structurer au fil des années. Et ce « à différents niveaux, qui font qu’aujourd’hui, la fraise française est appréciée et attendue. Nous parvenons à anticiper les pics de production en mobilisant les enseignes, les consommateurs. » Pic de production, dans lequel la filière se trouve d’ailleurs en cette fin de mois d’avril. « Nous avons eu des semaines de chaleur et de soleil. Ce qui est bon pour la production mais aussi la consommation. »

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