Un accord commercial jugé "profondément asymétrique" par les syndicats agricoles
La FNSEA, en alliance avec les Jeunes Agriculteurs, monte au créneau contre l'accord commercial entre l'Union européenne et l'Australie. Les deux organisations syndicales, qui dominent le paysage agricole français, dénoncent un texte qu'elles qualifient de "profondément asymétrique et dévastateur pour l'agriculture française et européenne". Dans un communiqué commun, elles accusent la Commission européenne de persister dans "sa politique de démantèlement de notre outil de production agricole".
Un "Mercosur bis" selon les agriculteurs
Pour les syndicats, cet accord n'est "ni plus ni moins qu'un 'accord Mercosur bis'". Ils pointent du doigt l'accès accordé à des produits agricoles australiens qui, selon eux, ne respectent pas les normes de production européennes. Les garanties apportées par une clause de sauvegarde sont jugées "largement illusoires" dans leur application pratique. Cette position tranche radicalement avec celle du gouvernement français, qui voit au contraire dans cet accord un "gain important pour beaucoup de secteurs économiques français".
Appel à la mobilisation et au rejet de l'accord
Les syndicats lancent un double appel au gouvernement français. Premièrement, ils demandent le rejet officiel de cet accord. Deuxièmement, ils l'exhortent à porter à Bruxelles l'initiative d'une "vision globale" de la production agricole européenne. Cet appel fait écho à celui de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, qui a invité à "se mobiliser dans les prochains jours". La Confédération paysanne a fustigé ce qu'elle qualifie de nouveau "passage en force antidémocratique" de la Commission, faisant référence à l'application provisoire de l'accord UE-Mercosur malgré l'attente d'un avis de la Cour de justice de l'UE.
La position prudente du gouvernement
Interrogé à l'Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a adopté une position mesurée. Il a estimé que "la suppression des tarifs douaniers existants avec l'Australie représenterait un gain important pour beaucoup de secteurs économiques français". Le ministre a toutefois assuré que la France avait "fait valoir" ses "sensibilités agricoles", notamment concernant les viandes et le sucre. Cette déclaration illustre le fossé persistant entre les positions gouvernementales et les inquiétudes exprimées par le monde agricole.



