Farming Simulator : un pont virtuel vers les métiers de l'agriculture
Entre le monde virtuel et la réalité agricole, la frontière s'estompe de plus en plus. Farming Simulator, la simulation agricole de référence, permet aux joueurs de gérer une exploitation virtuelle avec un budget, des véhicules et des outils variés. Pour Mathias Roussignol, élève en deuxième année de BTS Génie des Équipements Agricoles, ce jeu n'est pas qu'un simple divertissement : c'est une véritable révélation professionnelle.
Une passion née devant l'écran
Mathias Roussignol aspire à devenir vendeur de matériel agricole, une vocation qu'il a découverte grâce à Farming Simulator. Avec deux camarades, il a remporté la Coupe de France de l'Enseignement Agricole du jeu en novembre dernier. Il nous confie l'impact profond qu'a eu cette simulation sur sa jeune carrière dans le secteur agricole.
« Je joue à Farming Simulator depuis que j'ai 10 ans, donc depuis une dizaine d'années », explique Mathias. « J'ai commencé sur Farming Simulator 2015, puis j'ai joué aux versions 2019, 2022 et maintenant 2025. Mes parents ne sont pas issus du milieu agricole, mais je suis passionné par ce domaine depuis petit. »
Le jeu lui a offert une porte d'entrée vers cet univers : « Il m'a permis de vivre cette passion virtuellement, car je n'avais pas la possibilité de le faire dans la réalité. J'y ai découvert le fonctionnement des machines agricoles comme les tracteurs ou les moissonneuses-batteuses. C'est clairement le jeu qui m'a poussé à me lancer dans ces études de Génie des Équipements Agricoles. »
Des compétences transférables à la réalité
Farming Simulator a également servi de terrain d'apprentissage concret pour Mathias. « Il m'a permis d'apprendre beaucoup de choses que j'ai ensuite approfondies dans la réalité, surtout sur le matériel agricole et son évolution », précise-t-il. « Farming Simulator reflète de plus en plus la réalité. Entre la version 2015 et 2025, il y a eu de nombreuses améliorations, notamment dans la gestion financière des machines ou des cultures. »
Cependant, le jeune étudiant garde un regard critique : « Certains aspects restent toujours irréalistes, comme les prix de vente. Je sais que certains aspects du jeu sont exagérés. Je m'en rends compte aussi grâce à mes études. »
Un déclic déterminant pour l'orientation
Sans Farming Simulator, Mathias doute qu'il aurait suivi la même voie. « Probablement pas », admet-il. « Même si j'aimais déjà ce domaine, j'aurais peut-être choisi une autre orientation, comme une école d'ingénieur. Le jeu m'a vraiment aidé à développer ma passion et à m'orienter vers des études agricoles. »
Il voit dans cette simulation un outil de sensibilisation précieux : « Pour moi comme pour d'autres joueurs, Farming Simulator peut encourager les jeunes à se tourner vers ces métiers. Pour ceux qui ne viennent pas du milieu, il peut susciter des vocations. »
La consécration : la Coupe de France de l'Enseignement Agricole
Avec deux camarades, Mathias a remporté la prestigieuse compétition. Il détaille le déroulement : « La première phase consistait en une présélection basée sur une épreuve de chargement de bottes de pailles. Les 16 équipes les plus rapides étaient qualifiées pour une seconde phase en ligne en mode arène. Le but était de récolter du blé, produire des bottes et les livrer pour obtenir un maximum de points. »
« Les huit meilleures se retrouvaient ensuite en présentiel au pôle de Lanaud, près de Limoges, pour disputer les quarts de finale, les demi-finales et la finale. Moi et mon équipe avons gagné la compétition. C'est une fierté de l'avoir remportée. Toutes ces heures passées sur le jeu ont été bénéfiques. »
Une vision réaliste du secteur agricole français
Mathias porte un regard lucide sur la profession qu'il s'apprête à rejoindre. « C'est un milieu de plus en plus compliqué, qui demande de s'accrocher et de poursuivre des études. Certaines régions sont plus favorisées que d'autres », analyse-t-il. « S'il y a bien quelque chose à ne pas oublier sur Farming Simulator, c'est que le jeu ne reflète pas toujours cette difficulté. Gérer une exploitation agricole est bien plus complexe dans la réalité. »
Projets futurs : entre études et compétitions
Quant à ses projets immédiats, Mathias reste prudent : « Je ne sais pas encore si je pourrai participer à une compétition l'année prochaine. Je serai en licence et mes études restent prioritaires. »
Concernant le Salon de l'Agriculture, il exprime des réserves : « Je suis davantage intéressé par les machines que par l'élevage. De plus, les bovins ne seront pas présents au Salon. Pour moi, ces animaux sont le cœur de l'événement donc je ne vois pas l'intérêt d'y aller s'ils ne sont pas là. »
Mais il garde une porte ouverte : « Par contre, si une compétition s'organise au Salon l'année prochaine, je serais tenté d'y participer. »
L'histoire de Mathias illustre comment les jeux de simulation comme Farming Simulator peuvent servir de tremplin vers des carrières concrètes, tout en rappelant que la réalité agricole demeure un défi bien plus exigeant que sa version virtuelle.



