Dordogne : Les tempêtes Nils et Pedro dévastent l'agriculture, des pertes massives enregistrées
Les violentes intempéries qui ont frappé le Sud-Ouest en février dernier ont laissé des traces profondes dans le département de la Dordogne. Entre les vents déchaînés et les pluies diluviennes, toutes les cultures ont subi des dégâts significatifs, de manière généralisée sur l'ensemble du territoire. À peine la tempête Nils avait-elle balayé la région les 11 et 12 février que la Chambre d'agriculture de la Dordogne lançait une enquête d'évaluation le 13 février. Dix jours plus tard, avec le passage de la seconde tempête Pedro, un premier bilan intermédiaire permet de mesurer l'ampleur des dévastations.
Une enquête révélatrice de l'ampleur des dégâts
Le 23 février, l'enquête menée par la Chambre d'agriculture avait déjà recueilli 110 retours provenant de 99 communes différentes. Ces remontées d'informations, couvrant l'intégralité du département, confirment qu'aucune zone agricole n'a été épargnée par les intempéries. Vergers, céréales, vignes, cultures maraîchères : toutes les productions sont touchées de manière plus ou moins sévère selon les secteurs.
Les céréales et le colza particulièrement vulnérables
Pour les céréales à pailles et le colza, les dégâts sont principalement liés à des inondations de parcelles et des phénomènes de ravinage. La Chambre d'agriculture met en garde : « Il est encore tôt pour dire si des pertes de récoltes seront constatées ». Cependant, des symptômes inquiétants liés aux excès d'eau sont déjà visibles sur les colzas. Les agriculteurs doivent faire face à des frais engagés perdus, notamment pour les semences, l'utilisation de fertilisants et d'herbicides. À cela s'ajoute l'impossibilité actuelle de travailler certaines parcelles toujours inaccessibles aux tracteurs, ce qui fait craindre que les fourrages précoces ne soient pas utilisables.
Vergers et cultures maraîchères en grande souffrance
Dans les vergers, les inondations font redouter l'asphyxie des racines des arbres. Le vent violent a arraché des arbres ou endommagé les filets de protection antigrêle dans les vergers de pommiers. Chez les maraîchers, la situation est tout aussi préoccupante : les inondations vont provoquer des retards importants dans les futurs semis, « ce qui pourra entraîner des réductions de production », selon la chambre consulaire. Les cultures de fèves, carottes, pois, ail et pommes de terre devraient particulièrement souffrir de ces conditions. Les fraisiculteurs déplorent quant à eux un grand nombre de destructions de tunnels et d'arrachages de bâches.
Bâtiments et matériel agricole mis à rude épreuve
Les dégâts aux bâtiments agricoles sont variés et souvent dramatiques. On recense notamment :
- Une grange de stockage de fourrage complètement inondée
- Un hangar abritant des porcs avec les animaux les pieds dans l'eau
- L'arrêt d'une chambre froide essentielle à la conservation
- Un toit effondré sur des bovins à l'engraissement
- Des chutes d'objets sur des poules dans les élevages
Le matériel agricole n'a pas été épargné non plus. Serres, pompes d'irrigation, palissages, clôtures et fosses à lisier ont subi des dommages considérables, nécessitant souvent des réparations urgentes et coûteuses.
Surfaces agricoles touchées : un bilan chiffré alarmant
L'enquête a permis d'établir un premier bilan quantitatif des surfaces affectées :
- Céréales à pailles : 497 hectares
- Colza : 88 hectares
- Vergers : 371 hectares (essentiellement des noyers)
- Vignes : 1 hectare
- Fruits rouges : 5 hectares
- Maraîchage : 8,5 hectares
- Autres productions : 55 hectares
Ce tableau des dégâts montre l'étendue des conséquences des tempêtes Nils et Pedro sur l'agriculture périgourdine. Les agriculteurs font face à une situation exceptionnelle qui nécessitera un accompagnement adapté pour surmonter ces pertes matérielles et financières substantielles.



