La Chambre d'Agriculture de Gironde accompagne les viticulteurs vers la diversification face au déclin du vignoble
Diversification agricole en Gironde face au déclin du vignoble

La diversification agricole s'impose en Gironde face au recul historique du vignoble

La Chambre d'Agriculture de Gironde a organisé, lundi dernier, une journée d'information dédiée à la diversification des cultures, spécifiquement conçue pour les viticulteurs confrontés à une transformation profonde de leur activité. Cette évolution apparaît comme inéluctable selon Jean-Samuel Eynard, président de la Chambre d'Agriculture de Gironde, qui alerte sur l'ampleur du phénomène.

Un vignoble en contraction accélérée

Fin 2025, le vignoble bordelais dans son ensemble est tombé à 86 000 hectares, ce qui représente une perte d'environ 20 000 hectares en seulement trois ans. « Et nous allons encore perdre de la surface », confirme Jean-Samuel Eynard. La situation devrait encore s'aggraver avec le plan national d'arrachage 2026 qui prévoit la suppression de 28 000 hectares supplémentaires, plaçant le Bordelais en première ligne aux côtés du Languedoc et des Côtes-du-Rhône.

« Il est clair que même si la situation s'améliore, on ne récupérera pas les terres que nous avons perdues », poursuit le président. Face à cette réalité, la nécessité de réagir devient urgente. « Certains qui ont déjà arraché se retrouvent avec des parcelles vides. Passer le gyrobroyeur tous les ans, c'est bien joli mais ça n'amène rien et l'ADN de l'agriculteur est de faire quelque chose de ses terres ».

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Un accompagnement personnalisé vers de nouvelles cultures

C'est précisément pour répondre à ce défi que la Chambre d'Agriculture mène des actions de sensibilisation, d'information et d'accompagnement auprès des viticulteurs-vignerons. La journée de lundi a permis de présenter les différentes possibilités de diversification, avec leurs avantages et inconvénients, suivie d'échanges directs avec les techniciens de la Chambre.

Selon Jean-Samuel Eynard, la demande augmente sensiblement : « Les propriétaires se sont résignés à arracher et, après une phase de deuil, ils se remettent dans l'action en se disant qu'il faut chercher quelque chose ». Deux profils se distinguent : ceux qui ont anticipé et se sont déjà engagés dans d'autres cultures pour générer des revenus complémentaires, et ceux qui n'ont pas encore de projet, vers lesquels les efforts d'accompagnement sont prioritairement dirigés.

Un large éventail de possibilités de reconversion

Les alternatives proposées aux viticulteurs sont nombreuses et variées :

  • Productions végétales : amandiers, oliviers, noisetiers, kiwis, fraises (hors sol ou en pleine terre), chanvre, maraîchage, asperges...
  • Productions animales : élevage ovin, porcin, volailles...

« À chacun d'examiner les différentes pistes, tout va dépendre de la topologie du terrain, de son exposition... », précise le président. Les conseillers accompagnent la naissance des projets, en anticipant notamment les besoins spécifiques comme le stockage d'eau, crucial pour ces nouvelles cultures alors que la vigne est traditionnellement peu gourmande en cette ressource.

L'impact du changement climatique sur les possibilités agricoles

Certaines propositions peuvent surprendre, comme les plantations d'amandiers, de grenadiers ou d'oliviers, traditionnellement associées aux régions plus méridionales. « Mais avec le changement climatique, ça devient possible », note Jean-Samuel Eynard. De même, la transition vers l'élevage animal représente un véritable changement de métier, mais des opportunités existent dans la production de poulets de chair, d'ovins ou de porcs.

Une transformation profonde du paysage girondin

« Une chose semble certaine, le paysage de la Haute Gironde, comme dans le reste du Bordelais, va considérablement évoluer dans les années à venir », affirme le président. « C'est déjà le cas, celui que l'on a connu a commencé à disparaître très vite ».

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Cette évolution concerne particulièrement les jeunes agriculteurs : « Ceux qui sont près de l'arrêt d'activité ne vont pas se lancer dans des plantations qui ne donneront que dans trois ans ou plus. Pour les jeunes, il s'agit d'imaginer l'avenir qui ne se fera pas qu'avec des vignes ». La diversification apparaît ainsi non seulement comme une nécessité économique, mais aussi comme une opportunité de redéfinir l'agriculture girondine pour les décennies à venir.