Des élèves de seconde en prépa astronomie au lycée de l’Immaculée conception ont planché sur une modélisation de base lunaire en s’intéressant à tous les aspects de la vie sur le satellite, si des scientifiques y élisaient domicile. Ils présenteront leur travail fin mai à Paris.
Selenetykos : la Lune du Sud-Ouest
Selenetykos, la Lune du Sud-Ouest en grec ancien, est le nom du projet mené par dix lycéens de l’établissement scolaire l’Immaculée conception, à Pau. Ils ont travaillé toute l’année avec Marinea Xabi, enseignant de physique-chimie et professeur principal, qui les accompagne dans leur prépa astronomie. Cette option est unique sur l’agglomération de Pau, grâce au label « lycée de l’espace et de l’aéronautique ».
Le professeur propose aux volontaires de participer au projet “Moon camp”, porté par l’Agence spatiale européenne et piloté en France par le Centre national d’études spatiales. Ce projet éducatif permet à des élèves du monde entier d’imaginer les bases lunaires ou spatiales de demain.
Une base pour préparer les missions vers Mars
Depuis octobre, les dix jeunes se sont lancés dans cette aventure. Début mai, ils ont présenté à « Sud Ouest » les résultats de leur travail, censé permettre la vie sur la Lune de manière durable, avec pour objectif principal de préparer les futures missions vers la planète Mars.
« Faire décoller une fusée depuis la Lune est bien plus facile que depuis la Terre, puisque la gravité y est bien moindre. On peut donc décoller en utilisant beaucoup moins de carburant et en étant beaucoup plus léger, ce qui a de nombreux avantages », avancent les lycéens.
Manger, boire, respirer sur la Lune
Il fallait d’abord choisir la bonne localisation pour implanter leur base lunaire, sur un satellite hostile où les températures oscillent entre +127 °C et -173 °C. « On a donc choisi un endroit situé au pôle Sud, dans le cratère Shakleton. Les températures y sont plus stables qu’ailleurs et il y a de l’eau sous forme de glace à proximité. »
Les astronautes pourront ainsi boire facilement. Pour manger, « on a prévu l’installation d’une serre pour y faire des cultures et ainsi produire de la nourriture. Ce qui aura le double avantage de générer aussi de l’oxygène, grâce aux plantes. » Pour produire suffisamment d’air respirable, les lycéens ont aussi prévu des procédés d’électrolyse.
Du béton lunaire et une IA pour tout piloter
Leur base lunaire comporte un grand télescope pour la recherche astronomique, sans atmosphère. D’autres domaines sont envisagés : robotique en faible gravité, étude des conditions climatiques extrêmes, biologie humaine en gravité réduite, géologie lunaire. Les participants ont pensé à l’exploitation du sol lunaire.
« On a imaginé une structure gonflable, facile et pas trop lourde à transporter. » Pour se protéger des météorites, des rayonnements cosmiques et des températures extrêmes, ils utiliseront le régolite, une pierre lunaire, comme barrière de protection.
Pour aider les quatre astronautes maximum qui pourraient vivre simultanément sur cette base, les lycéens ont créé une intelligence artificielle spécifique, baptisée Liren (Lunar intelligence resource and exploration network). L’IA contrôle en continu la fréquence cardiaque des astronautes, anticipe les dangers, envoie des alertes, est copilote des rovers spatiaux et pilote les outils techniques. Elle optimise les ressources et l’énergie.
« C’est un dossier très complet destiné à tester le travail d’équipe de nos élèves, qui doivent respecter des délais, se répartir les tâches… », explique l’enseignant. Parmi ces jeunes, quelques vocations pourraient être nées. En attendant, ils présenteront leurs travaux à la Cité des sciences, devant des experts du Cnes, le jeudi 28 mai. Le projet Selenetykos est consultable sur le site internet selenetykos.github.io.



