En Toscane, des détenus cultivent des vignes sur l'île-prison de Gorgona
Des détenus cultivent des vignes sur l'île-prison de Gorgona

Sur l'île de Gorgona, au large de la Toscane, une expérience unique mêle viticulture et réinsertion carcérale. Depuis 2012, des détenus de la prison de l'île cultivent des vignes sur un domaine de 2,5 hectares, produisant un vin reconnu pour sa qualité. En 2023, la production a atteint 15 000 bouteilles, vendues principalement en Italie et à l'étranger.

Une prison transformée en vignoble

L'île de Gorgona, qui abrite une prison de haute sécurité, a vu son paysage agricole renaître grâce à ce projet. Les détenus, sélectionnés sur la base de leur comportement et de leur volonté de participer, travaillent la vigne sous la supervision d'agronomes et d'œnologues. Le domaine produit principalement du Vermentino, un cépage blanc typique de la région, ainsi que du Sangiovese et du Cabernet Sauvignon.

Selon le directeur de la prison, Marco Bani, « ce projet permet aux détenus de se réapproprier un travail valorisant et de développer des compétences professionnelles ». Il ajoute que « le vin de Gorgona est devenu un symbole de réinsertion et de qualité ».

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Un vin de qualité reconnue

Le vin de Gorgona a été salué par la critique. En 2022, le millésime 2019 a obtenu 90 points dans le guide Wine Spectator, une reconnaissance rare pour un vin produit en milieu carcéral. Les bouteilles, étiquetées « Gorgona », sont vendues entre 30 et 50 euros pièce. Les bénéfices sont reversés à l'administration pénitentiaire et servent à financer des programmes de réinsertion.

Le projet a également un impact environnemental positif. Les vignes sont cultivées selon des principes biologiques, sans pesticides ni herbicides. L'île, classée parc naturel marin, bénéficie d'un microclimat favorable à la viticulture.

Un modèle d'insertion par le travail

Sur les 80 détenus de la prison, une vingtaine participe au programme viticole. Ils travaillent six heures par jour, cinq jours sur sept, et reçoivent une rémunération symbolique. Plusieurs anciens détenus ont trouvé un emploi dans le secteur viticole après leur libération.

Le projet a inspiré d'autres initiatives similaires en Italie, comme à la prison de San Vittore à Milan, où des détenus produisent du miel, ou à celle de Rebibbia à Rome, qui élève des moutons. Selon le ministère de la Justice italien, ces programmes réduisent le taux de récidive de 30 %.

Un avenir prometteur

La production de vin de Gorgona devrait augmenter dans les années à venir. Un nouveau vignoble de 0,5 hectare a été planté en 2024, et la capacité de production pourrait atteindre 20 000 bouteilles d'ici 2027. Le projet bénéficie du soutien de la région Toscane et de l'Union européenne, qui financent une partie des coûts.

En juin 2026, une dégustation organisée à Florence a permis de présenter le millésime 2025, décrit par les experts comme « prometteur » et « équilibré ». Le vin de Gorgona continue de gagner en notoriété, portant un message de rédemption et de durabilité.

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