Crues historiques : les animaux d'élevage en première ligne face aux inondations
Crues : les animaux d'élevage face aux inondations

Les crues historiques mettent à l'épreuve le monde agricole

Les pieds et les sabots dans l'eau : l'épisode de crues exceptionnelles se prolonge dans l'ouest de la France. Ce vendredi, la Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire demeurent placés en vigilance rouge par Météo-France, tandis que la Gironde et le Lot-et-Garonne ont été rétrogradés en vigilance orange. Le littoral atlantique approche désormais des quarante jours de pluie consécutifs, une situation particulièrement éprouvante pour les agriculteurs et leurs animaux.

Les animaux face aux éléments déchaînés

Vaches, moutons, chevaux, cochons... Toutes les espèces d'élevage doivent affronter des conditions météorologiques extrêmes. « Les animaux les plus rustiques s'en sortent plus facilement », explique le docteur Frédéric Simon, vétérinaire en Mayenne. « Les petits ruminants et les bovins sont capables de subsister avec une quantité énorme d'eau qui leur tombe sur le dos ». Cependant, le spécialiste tempère cet optimisme relatif : « il n'y a pas d'animaux privilégiés pour subsister face aux inondations : une vache sait nager, mais pas une éternité ».

Les risques sanitaires et les stratégies de protection

Le danger principal reste la noyade, mais les animaux peuvent également développer diverses pathologies en raison de la montée des eaux. « Ils peuvent avoir des problèmes de pieds, être en hypothermie, notamment les jeunes animaux. Ils ne peuvent pas se coucher et donc ils s'épuisent », énumère Frédéric Simon.

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Pour protéger leurs bêtes, les éleveurs doivent les mettre au sec dans la mesure du possible. « En cette période de l'année, les agriculteurs qui ont des animaux les mettent à l'étable. Ceux qui prennent des dispositions sont ceux qui ont des animaux dehors ou des étables dans des zones inondables, à la marge », précise le vétérinaire.

Pierre-Marie Chateau, éleveur de 150 vaches mères à Besné en Loire-Atlantique, confirme cette stratégie : « Chez moi, toutes les bêtes sont en bâtiment et je suis placée haut, à 5,50 mètres. Les agriculteurs qui ont des animaux dehors les ont déplacés sur des buttes ». Seuls « deux ou trois éleveurs » de sa connaissance ont été contraints de pomper l'eau de leurs bâtiments ou d'évacuer les animaux.

Des situations dramatiques dans certaines exploitations

Pour les cochons ou les volailles des élevages industriels, vivant dans des bâtiments clos, la situation peut s'avérer particulièrement critique. Dans les Landes et en Dordogne, aucun élevage n'a subi de « soucis significatifs » selon les syndicats des Jeunes Agriculteurs, mais d'autres ont été moins chanceux.

À Aiguillon dans le Lot-et-Garonne, au confluent du Lot et de la Garonne, la commune a été durement touchée par les crues des deux fleuves et le passage de la tempête Nils. Frédéric Princic, éleveur de volailles et cultivateur, témoigne : « En trente-neuf ans d'élevage, c'est la première fois que ça arrive ». Dans la nuit de vendredi à samedi, l'eau de la rivière s'est infiltrée dans les deux bâtiments abritant ses poussins. « C'est monté de quarante centimètres : une partie a été noyée, l'autre étouffée par le mouvement de panique ».

Les routes étant impraticables en raison de la crue, impossible pour lui de secourir les volailles, piégées par l'eau froide et l'humidité. L'éleveur a perdu 8.800 poussins âgés d'une semaine. « C'est une vision apocalyptique », confie-t-il, anticipant une perte de plusieurs milliers d'euros sur sa trésorerie. Frédéric Princic attend désormais que la terre battue sèche pour pouvoir curer, nettoyer et remettre les bâtiments en état.

Un littoral sous les eaux depuis quarante jours

Cette crise hydrologique sans précédent frappe particulièrement le littoral atlantique, qui approche désormais des quarante jours de précipitations continues. Les services de Météo-France maintiennent leur vigilance maximale sur plusieurs départements, tandis que les agriculteurs continuent de lutter pour protéger leurs exploitations et leurs animaux dans des conditions extrêmement difficiles.

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