Cri d'alarme des céréaliers français : revenus négatifs pour la troisième année
Cri d'alarme des céréaliers français : revenus négatifs

Nous sommes céréaliers. Nous nourrissons la France. Et pourtant, la majorité d’entre nous n’arrive plus à vivre de sa production. Aujourd’hui, nous lançons un cri pour alerter les Français sur une situation qui les concerne tous. Présentes à chaque repas dans nos assiettes et garantes de notre souveraineté alimentaire, les céréales que nous cultivons semblaient relever jusqu’ici de l’évidence dans notre alimentation quotidienne.

Une situation alarmante

Mais pour la troisième année consécutive, nos revenus sont négatifs… Il s’agit même des plus bas toutes filières agricoles confondues. À lui seul, ce constat devrait suffire à déclencher une mobilisation nationale. Mais rien ne se passe. Il est temps de dire la vérité. Jamais je n’aurais pensé devoir écrire ces mots, mais derrière les chiffres et statistiques officiels qui confirment cet effondrement économique, le désespoir et la tentation de l’abandon sont bien réels dans une crise désormais devenue structurelle.

Des crises qui s'accumulent

Voilà trois ans que cette situation s’est installée. Trois ans que les crises s’accumulent, sans réponses politiques qui soient à la hauteur. Et déjà, une nouvelle menace nous frappe : à plus de 5 000 kilomètres de nos exploitations, le blocage du détroit d’Ormuz paralyse près de 33 % du transport maritime des engrais et fait exploser le prix de ces intrants indispensables au développement de nos cultures et à la qualité de votre alimentation.

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Un effet ciseau dévastateur

Cette crise énergétique s’ajoute à un mécanisme structurel implacable : nous payons plus cher pour produire des céréales, sans être mieux rémunérés pour les vendre. C’est l’effet ciseau qui broie nos exploitations. Ce sont les normes et réglementations qui pleuvent sans discontinuer sur nos fermes et alimentent des distorsions de concurrence intenables.

Les conséquences déjà visibles

Les conséquences sont déjà visibles. En dix ans, la France a perdu près de 900 000 hectares de céréales à paille. Derrière ces chiffres, il y a des réalités : des investissements abandonnés, des exploitations fragilisées, des familles endettées et souvent à bout. Tout aussi inquiétant : après des décennies de progression entre 1945 et 1995, nos rendements de blé stagnent, voire reculent.

Un risque de dépendance aux importations

Avec le recul de notre production nationale, le risque d’une dépendance de la France aux importations resurgit. Ce serait du jamais vu depuis plus de 70 ans ! Car produire moins en France, c’est importer davantage. Avec des produits dont personne ne maîtrise réellement l’origine, les conditions de production, la qualité sanitaire… ni le prix final pour le consommateur. C’est cela, la perte de souveraineté alimentaire.

Un signal d'alarme pour toute l'agriculture

Soyons lucides : ce qui arrive aujourd’hui aux céréaliers ne s’arrêtera pas à notre seule filière : d’autres sont frappées et d’autres le seront. Si rien n’est fait, c’est toute notre production agricole qui sera touchée à court terme. La dégradation des revenus agricoles et ses conséquences doivent être un signal d’alarme. À la veille d’échéances importantes, ce dossier doit devenir un débat national. Il détermine notre alimentation et conditionne aussi l’avenir de notre pays.

Nous ne demandons aucun privilège. Nous demandons simplement de pouvoir vivre de notre travail, de continuer à produire ici avec des règles équitables pour vous nourrir durablement. Il est encore temps d’agir. Si nous ne le faisons pas ensemble, ce problème ne sera plus celui des agriculteurs. Il sera le vôtre, celui de tous les Français. Ce jour-là, un mot suffira à résumer notre échec collectif : faim.

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