Un accueil potentiellement rude pour le président
Le secrétaire général de la Coordination rurale, François Walraet, a clairement exprimé son opposition à la visite d'Emmanuel Macron au Salon de l'Agriculture. « Je lui déconseille d'essayer de venir nous voir, l'accueil risque d'être rude », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une possible manifestation pacifique de la colère des agriculteurs.
Un boycott symbolique et politique
Le syndicat a officiellement annoncé ce vendredi son intention de boycotter l'inauguration traditionnelle du Salon par le président de la République. « Dans l'instant, nous ne souhaitons pas être présents au petit-déjeuner en compagnie du président de la République », a confirmé Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale.
Cette décision intervient alors que la visite présidentielle du jour d'ouverture suit habituellement un protocole bien établi :
- Un petit-déjeuner inaugural avec les représentants agricoles
- La cérémonie officielle d'inauguration
- Une déambulation du chef de l'État dans les allées du Parc des Expositions
« Le salon des agriculteurs, pas des politiques »
François Walraet a martelé ce message central : « C'est le salon des agriculteurs, surtout pas des politiques ». Selon lui, Emmanuel Macron « n'est pas le bienvenu [...] si c'est pour vanter les mérites d'une agriculture qu'il n'a pas défendue ».
Le secrétaire général a développé ses critiques en soulignant que « l'agriculture française a besoin d'être protégée face à la concurrence déloyale du reste du monde ». Il a lancé un ultimatum au président : « Il a un an encore pour sauver le modèle agricole, qu'il le fasse », notamment à travers la Politique Agricole Commune (PAC).
Une opposition ciblée mais ouverte au dialogue
Malgré ce boycott présidentiel, les responsables de la Coordination rurale ont précisé qu'ils rencontreraient d'autres personnalités politiques durant le Salon. Ils privilégieront notamment « ceux qui ont voté la loi Duplomb », excluant ainsi la gauche et les écologistes qui se sont opposés à cette législation controversée.
Cette position nuance leur opposition : tout en refusant le dialogue avec Emmanuel Macron qu'ils jugent insuffisamment engagé pour la défense de l'agriculture française, ils maintiennent des contacts avec les élus ayant soutenu des mesures favorables à leur vision du secteur agricole.



