Fabien et Amélie Faget : leur Château l'Éden en Médoc, un paradis viticole en redressement judiciaire
Dans la Bible, l'Éden représente le jardin originel, symbole de bonheur parfait et d'harmonie avec la nature. Pour Fabien Faget et son épouse Amélie, ce paradis se niche à Saint-Christoly-Médoc, au nord de la péninsule médocaine. Dans ce village tranquille bordant l'estuaire de la Gironde, ils ont créé en 2016 le Château l'Éden, à partir de 6,5 hectares de vigne en AOC Médoc.
Une aventure familiale ancrée dans la terre
Fabien Faget, originaire du Gers et aujourd'hui âgé de 44 ans, a attrapé le virus du vin lors de ses études en BTS viti-œnologie. Après des débuts comme ouvrier viticole, il a gravi les échelons pour devenir responsable technique du Château Escot à Lesparre-Médoc, une propriété de 40 hectares acquise par des investisseurs tchèques en 2019. « L'idée nous trottait dans la tête depuis deux-trois ans, on voulait faire notre vin à nous, mener une aventure en commun avec Amélie », confie-t-il.
Amélie, quant à elle, a grandi à Saugon dans le Blayais, « les pieds dans la terre » d'une ferme en polyculture. Après un BTS immobilier, elle travaille depuis dix-huit ans dans ce secteur à Lacanau. « Fabien et moi sommes fils et fille d'agriculteurs. On a toujours vu nos parents beaucoup travailler. Ça ne nous fait pas peur », affirme-t-elle avec détermination.
Un rythme de vie intense et des défis financiers
L'emploi du temps du couple est particulièrement chargé. La surface du Château l'Éden est passée à 20 hectares de vigne, nécessitant un travail constant. Amélie évoque des samedis passés à plier la vigne avec ses enfants à proximité, tandis que Fabien conduit souvent le tracteur le week-end, en évitant soigneusement le dimanche midi pour ne pas déranger le voisinage.
Malgré cette poésie viticole, la réalité financière est plus abrupte. En difficulté, le Château l'Éden s'est placé sous protection du tribunal en septembre 2024, avec un gel des dettes bancaires et fournisseurs. Le domaine est désormais en phase de redressement judiciaire, reflétant la crise profonde qui touche le vignoble bordelais et de nombreuses autres régions viticoles françaises.
Stratégies de commercialisation et espoirs pour l'avenir
« Ça secoue, c'est dur, mais on sait qu'on va y arriver. On est en plein dans l'action », déclare Fabien Faget. Le couple, qui habite Hourtin, aspire à devenir vignerons à plein temps sur ce domaine du bout du Médoc. « On s'est agrandis pour ça », précise-t-il.
Après s'être concentrés sur la production, les Faget redoublent d'efforts pour la commercialisation, essentielle pour équilibrer les comptes. Leur appartenance au groupement de vignerons D'un seul trait, qui comprend six propriétés girondines mutualisant leurs moyens, constitue un atout majeur. « On vient de passer deux jours au salon Wine Paris. Nous avons des pistes sur le circuit traditionnel en France et à l'exportation. On est en train de tout construire », détaille Fabien.
Le couple participe également à une dizaine de salons par an, principalement le week-end. Leur engagement s'étend jusqu'au Gers, où ils exploitent depuis 2018 30 hectares de raisins blancs près de Castelnau-d'Auzan, la terre natale de Fabien.
Une gamme de vins de qualité
Le Château l'Éden propose quatre vins de belle qualité :
- Château l'Éden, à dominante merlot (12,50 €)
- La cuvée Apodis (23 €)
- Un rosé, Arrête ou je vais rougir ! (7 €)
- Un tout nouveau entrée de gamme, Flamand rouge (8,50 €)
Avec le soutien de l'œnologue Philippe Nunes et du négociant Ulysse Cazabonne, le couple continue de croire en son paradis viticole, malgré les tempêtes financières.



