Dimanche 14 septembre, jour d'ouverture générale de la chasse, environ 110 000 pratiquants ont repris leur fusil en Occitanie. Un chiffre en baisse constante, mais qui reste le deuxième plus élevé de France, derrière la Nouvelle-Aquitaine. Jean-Pierre Sanson, président de la fédération régionale de chasse, constate une diminution moyenne de 2 à 3 % dans quasiment tous les départements, alors qu'en 2018, on recensait 138 000 chasseurs.
Un renouvellement insuffisant
Malgré des sessions de formation complètes, la pyramide des âges fragilise les effectifs : 40 % des chasseurs ont entre 45 et 75 ans, et 11 % sont plus âgés. « Ça s'effrite plus vite que ça ne se renouvelle », analyse Jean-Pierre Sanson. Pour inverser la tendance, la fédération mise sur la pédagogie et le dialogue.
Une chasse transformée
« La chasse s'est transformée en vingt ans. Nous sommes des sentinelles de la faune et de la flore », affirme le président. Il cite des actions concrètes : entretien des zones humides, restauration des mares, projet « via fauna » pour des continuités écologiques, et l'application « Vigifaune » pour recenser la faune. Ces initiatives visent à protéger les habitats face au changement climatique.
La prolifération du sanglier
Le sanglier, autrefois une portée par an, en fait désormais trois tous les deux ans, avec un taux d'accroissement de 200 %. Ainsi, 160 000 sangliers sont tués chaque année en Occitanie, avec des disparités : de 5 500 dans le Tarn à 40 000 dans le Gard. Dans ce dernier département, les prélèvements sont passés de 14 000 en 2002 à 25 000 en 2012. Le préfet Jérôme Bonet a autorisé des opérations de destruction jusqu'à la fin de l'année pour des raisons de sécurité publique.
Une mission de service public
« Nous continuons à assumer cette mission de service public de régulation. Mais si le nombre de chasseurs diminue encore, cela peut poser problème », prévient Jean-Pierre Sanson. Les fédérations départementales paient les dégâts agricoles depuis 1968 : l'an dernier, plus de 300 000 € dans le Gard et l'Hérault. Les chasseurs réclament une réforme.
Ouvrir la chasse aux autres usagers
Pour améliorer leur image, les chasseurs cherchent à dialoguer avec les randonneurs. Une convention a été signée avec la fédération régionale de randonnée, déclinée dans chaque département. « L'objectif est de créer du lien, d'expliquer nos pratiques, de partager l'espace », explique Jean-Pierre Sanson. Il insiste : « Le chasseur se doit d'être exemplaire. »
Un calendrier complexe
Le calendrier cynégétique varie selon les départements et les espèces. La chasse au sanglier est ouverte depuis le 1er juin pour certains, et depuis le 14 septembre pour tous, les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés, jusqu'au 31 mars. Les lièvres et lapins ont des dates de clôture différentes selon les zones. La perdrix peut être chassée dans l'Aude, le Gard ou l'Aveyron, mais pas en Lozère ou dans l'Hérault avant octobre. Cette réglementation dense complique les relations avec les non-chasseurs, qui restent majoritairement favorables à l'interdiction de la chasse le dimanche.



