L'exploitant met un terme au projet controversé d'extension de la carrière de Murles
Dans un revirement significatif, Languedoc Granulats a décidé de retirer sa demande d'autorisation environnementale pour le renouvellement et l'extension de la carrière située à Murles, au pied du célèbre pic Saint-Loup dans l'Hérault. Cette information a été communiquée aux élus locaux par un courrier officiel de la préfète Chantal Mauchet, intervenant entre les deux tours des élections municipales.
Un retrait volontaire face aux critiques
Le courrier préfectoral, daté du 4 mars 2026, indique clairement que "l'exploitant a informé madame la préfète de l'Hérault qu'il retirait la demande d'autorisation environnementale déposée le 7 mars 2025". Cette décision met ainsi fin, de manière volontaire, à l'instruction administrative qui était en cours depuis plus d'un an.
Le projet initial, qui avait fait l'objet d'une enquête publique du 11 août au 12 novembre 2025, rencontrait une opposition farouche de la part des détracteurs qui pointaient plusieurs risques environnementaux majeurs :
- Le déboisement nécessaire pour étaler et abaisser le monticule de déchets inertes, culminant actuellement à 85 mètres de hauteur
- L'augmentation de la profondeur d'extraction des granulats
- Le risque potentiel de pollution pour les eaux du Lez, qui alimentent en eau potable la métropole de Montpellier
Un dossier complexe et controversé
La préfète elle-même qualifie ce dossier de "complexe" dans sa correspondance. Alors que la carrière s'appuyait sur les rapports d'organismes d'État pour défendre son projet, seul l'avis défavorable du Conseil national de protection de la nature devait être levé à l'issue de l'enquête publique. Cette opposition persistante a finalement conduit à la décision de retrait de la part de Languedoc Granulats, entreprise détenue à parts égales par les géants Lafarge et Cemex.
Un nouveau projet déjà en préparation
Ce retrait ne signifie cependant pas l'abandon définitif de toute exploitation du site. La préfète précise dans son courrier que "l'exploitant envisage de déposer une nouvelle demande d'autorisation environnementale à partir d'un projet révisé". Ce futur dossier prendra en compte les recommandations émises lors de la procédure d'instruction et de consultation du public.
L'urgence est réelle : l'autorisation d'exploitation actuelle, délivrée par arrêté préfectoral du 1er juin 1993 pour une durée de trente ans, prendra fin le 31 mai 2026. Le temps est donc compté pour déposer et instruire un nouveau dossier, d'autant plus que celui-ci concernera principalement une demande de renouvellement avant même d'envisager une éventuelle extension.
Une consultation locale prioritaire
La carrière s'est engagée à soumettre en premier lieu son nouveau projet aux élus du territoire, marquant ainsi une volonté de dialogue renforcé avec les acteurs locaux. Cette approche répond aux critiques sur le manque de consultation qui avait entouré le projet initial.
La situation illustre les tensions croissantes entre les impératifs économiques de l'extraction de granulats - essentiels pour les chantiers du BTP de la région montpelliéraine - et les préoccupations environnementales dans des zones naturelles sensibles comme le pied du pic Saint-Loup.



