En période de canicule, un producteur de lait peut perdre près d'un tiers de sa production, alerte un représentant des éleveurs. En Occitanie, les bâtiments ne sont pas adaptés aux températures élevées.
Des températures extrêmes qui mettent les troupeaux à rude épreuve
Jean-Philippe Viguié, éleveur de vaches Aubrac dans le Tarn-et-Garonne et président de la chambre d'agriculture du département, témoigne des difficultés rencontrées face aux vagues de chaleur. « La température idéale pour les vaches se situe entre 15 et 20 degrés. Et en ce moment il fait 40 degrés, vous imaginez qu'elles ne vont pas très bien », explique-t-il.
Même si aucune de ses bêtes n'est morte, elles ont perdu l'appétit et passent la majeure partie de leur temps près des abreuvoirs. « La canicule a aussi un impact sur les pâturages. Ils sont tous grillés… Je fais des transhumances en montagne, et même là-haut, c'est compliqué », ajoute-t-il.
Des mesures d'adaptation insuffisantes
Pour protéger ses animaux, l'éleveur met en place plusieurs aménagements : installation de brumisateurs de terrasse, peinture blanche sur les toitures pour réfléchir la chaleur. « Rien que la peinture blanche peut faire gagner près de 10 degrés », précise-t-il. Il veille aussi à l'accès à l'eau, sachant qu'une vache peut boire entre 100 et 150 litres par jour.
Malgré ces efforts, les pertes sont inévitables. « Avec la canicule, un producteur de lait peut perdre près d'un tiers de sa production. C'est extrêmement compliqué », alerte Jean-Philippe Viguié.
Un appel aux pouvoirs publics pour des actions concrètes
L'éleveur demande à l'État de « arrêter les coups d'annonce et mettre en place des actions structurantes et structurées pour nous, les éleveurs ». Il réclame notamment des aides financières pour adapter les bâtiments d'élevage aux nouvelles conditions climatiques.
« Dans de nombreux pays où il fait bien plus chaud que chez nous, comme en Israël, les bâtiments sont plus grands et mieux adaptés à la chaleur. En Occitanie, on doit nous aussi adapter les bâtiments aux nouvelles conditions climatiques », conclut-il.



