Canicule et sécheresse en Aveyron : l'inquiétude grandit chez les agriculteurs
Canicule et sécheresse : l'inquiétude grandit chez les agriculteurs aveyronnais

Une situation climatique critique pour les exploitations aveyronnaises

Ce mercredi 22 juillet, la préfète de l’Aveyron, Claire Chauffour-Rouillard, s’est rendue au GAEC de Camplavies, à Camarès, à l’invitation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du département. Accompagnée de représentants des assurances, elle a écouté les agriculteurs exposés aux conséquences de la canicule et de la sécheresse. Les syndicats agricoles réclament des réponses immédiates et des solutions durables face à la dégradation des conditions climatiques.

Des pertes de fourrage et de maïs alarmantes

Malgré un hiver très pluvieux (excédent de précipitations de 36 %), la situation s’est fortement dégradée au printemps. En juin, les précipitations ont représenté moins de la moitié des normales de la période 1991-2020, et le déficit pluviométrique a atteint près de 90 % durant la première quinzaine de juillet. Les pâturages sont fortement dégradés, et les récoltes de fourrage affichent des pertes estimées entre 20 et 50 % selon les secteurs, particulièrement dans le Sud, l’Est et l’Ouest Aveyron.

« La situation est déjà sous tension. Certains puisent dans les stocks de fourrage de l’année dernière, quand d’autres sont contraints d’entamer ceux prévus pour l’hiver », alerte Clémence Bernié, présidente des Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron. Le maïs figure également parmi les cultures les plus touchées, ce qui est particulièrement préoccupant pour les élevages bovins laitiers dont l’alimentation repose en grande partie sur le maïs ensilage.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Stress thermique chez les bovins et baisse de production laitière

Les températures supérieures aux normales durant tout le mois de juin provoquent un stress thermique chez les bovins. Selon les agriculteurs, cela entraîne une baisse de la production de lait pouvant atteindre 25 %, ainsi que des difficultés de reproduction et une hausse de la mortalité. Ces effets s’ajoutent aux difficultés d’accès à l’eau d’abreuvement, dans un contexte de tensions sur certains réseaux d’eau potable.

Des demandes d’adaptation du système assurantiel et de dérogations

Les syndicats agricoles réclament une adaptation du système assurantiel. Ils dénoncent des procédures trop complexes et des indemnisations reposant sur l’indice satellitaire de pousse des prairies (IPP), qu’ils jugent peu transparent. « Les informations arrivent avec une année de décalage et ne correspondent pas aux besoins du terrain. Il nous faut de l’argent cette année pour acheter du fourrage, pas dans trois ans », insiste Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA de l’Aveyron.

Les agriculteurs plaident également pour le développement de retenues de stockage afin de conserver une partie des précipitations hivernales et de sécuriser l’irrigation durant l’été. Dans le Sud-Aveyron, où les volumes autorisés pour l’irrigation ont diminué ces dernières années, un projet de retenue collective baptisé « Le Pastor » est à l’étude sur le Dourdou de Camarès. Par ailleurs, ils demandent un assouplissement du cahier des charges de l’AOP Roquefort pour pouvoir utiliser davantage de fourrages achetés hors de la zone AOP.

La préfète promet un bilan fin d’été

La préfète a assuré que les services de l’État suivaient la situation de près. « À la fin de l’été, un bilan sera réalisé des pertes de ressources, des récoltes et des fonds disponibles. Tous les dispositifs seront examinés afin qu’un accompagnement financier puisse être mis en place. Nous l’anticipons déjà », a indiqué Claire Chauffour-Rouillard. Dans l’attente de réponses concrètes, les syndicats gardent un objectif en tête : « Que tous les éleveurs passent l’année. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale