Le cacao en chute libre après une année de spéculation effrénée
Cacao : chute des cours après la spéculation de 2024

Le cacao, de la fièvre spéculative à la chute brutale

Un agriculteur fait sécher des fèves de cacao au Ghana, le 20 novembre 2024. Cette image illustre une période où la spéculation a littéralement mis le feu aux marchés. Tout au long de l'année 2024, les investisseurs ont attisé les braises, pariant massivement sur la hausse du cours. Cette frénésie a propulsé le cacao à des niveaux historiques, le faisant frôler la barre des 13 000 dollars la tonne, soit environ 11 000 euros, à la Bourse de New York en décembre 2024. Cette envolée s'est produite dans un contexte de tensions d'approvisionnement aiguës, créant une atmosphère de crise sur les marchés mondiaux.

Le retournement de situation en 2025

Le vent a commencé à tourner à la fin de l'été 2025, refroidissant brusquement l'ambiance dans les salles de marché. Dans les champs de Côte d'Ivoire et du Ghana, qui représentent ensemble près des deux tiers de la production mondiale, les cacaoyers ployaient sous le poids d'une récolte abondante. Cette augmentation de l'offre a coïncidé avec une baisse de la demande, les consommateurs réduisant leur consommation de chocolat face à la hausse des prix. Parallèlement, les industriels du chocolat ont modifié leurs recettes, diminuant la part de beurre et de poudre de cacao au profit d'ingrédients moins coûteux comme l'huile végétale et les noisettes.

Une chute spectaculaire des cours

Ces facteurs combinés ont entraîné un effondrement du cours de la poudre de cacao. À la fin de l'année 2025, il était retombé à environ 6 000 dollars la tonne, marquant une chute de près de la moitié de sa valeur en seulement douze mois. Cette baisse drastique contraste fortement avec les records atteints l'année précédente, soulignant la volatilité extrême du marché du cacao. Les producteurs africains, qui avaient bénéficié de la hausse, se retrouvent désormais confrontés à des revenus en baisse, tandis que les spéculateurs doivent faire face à des pertes significatives.

Cette situation met en lumière les défis structurels de la filière cacao, où les fluctuations des prix peuvent avoir des impacts profonds sur les économies locales et les habitudes de consommation mondiales. La crise en Côte d'Ivoire, où la filière est au bord du blocage, illustre les tensions persistantes dans ce secteur crucial pour l'Afrique de l'Ouest.