Une réunion cruciale sur la cohabitation avec le loup en Béarn
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, convoque ce mardi 7 avril une réunion exceptionnelle du monde agricole, incluant les associations de défense de l'environnement, pour aborder la problématique du loup dans le département. Cette initiative, qualifiée de « comité loup », intervient dans un contexte de tensions croissantes après une série de prédations récentes dans la vallée de l'Ouzom, près de Nay.
Des attaques meurtrières et un nouveau cadre réglementaire
Ces derniers jours, plusieurs attaques ont causé la mort de nombreuses brebis, notamment à Lucgarier, exacerbant les inquiétudes des éleveurs. Parallèlement, depuis le 1er avril, un nouveau statut du loup est entré en vigueur, simplifiant considérablement les procédures pour les tirs de défense. Le préfet précise : « Avec juste une déclaration, même si leurs troupeaux n'ont pas subi d'attaque, et qu'ils n'ont pas de moyens de protection : c'est beaucoup plus souple. »
Désormais, douze éleveurs béarnais – quasiment tous situés dans la vallée de l'Ouzom – disposent d'une autorisation pour effectuer ces tirs. Jean-Marie Girier annonce également la mobilisation de lieutenants de louveterie, équipés de lunettes thermiques et de matériels spécifiques, spécialement formés pour cette mission. Il espère mettre en place ce dispositif rapidement, « avant que les animaux montent en estive : on a un mois et demi ».
La FNSEA en opposition frontale
Estimant la cohabitation avec le loup « impossible » dans un département où l'élevage occupe une place prépondérante, le préfet cherche à rassembler tous les acteurs concernés. Cependant, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) a annoncé qu'elle ne participera pas à cette réunion. À la place, elle organisera une manifestation devant la préfecture pour exprimer son opposition ferme à la présence du loup, réclamant son « éradication ».
Cette position radicale souligne les profondes divergences entre les défenseurs de la biodiversité et les professionnels de l'élevage, confrontés aux conséquences économiques et psychologiques des attaques. La réunion de ce mardi s'annonce donc comme un moment clé pour tenter de trouver des solutions, malgré l'absence d'un acteur majeur du secteur agricole.



