Selon une étude de l'Insee publiée jeudi, la baisse des naissances en France entre 2010 et 2022 atteint 14 %, passant de 833 000 à 715 000 naissances (hors Mayotte). Ce repli s'explique principalement par la diminution de la fécondité, c'est-à-dire du nombre d'enfants par femme. Cependant, l'ampleur de cette baisse varie considérablement d'une région à l'autre, en fonction de l'attractivité des territoires.
Des départements plus ou moins attractifs
Dans de nombreux départements de la moitié nord et du centre de la France, la baisse des naissances est particulièrement marquée en raison des départs de la population jeune. Dans ces territoires où l'attractivité résidentielle est limitée, la diminution dépasse souvent 25 % sur la période. Par exemple, l'Orne enregistre une baisse de 27,3 %, les Ardennes de 28,1 %, et la Haute-Saône de 30,6 %.
À l'inverse, dans les départements plus attractifs, notamment sur une partie du littoral atlantique, en Île-de-France et dans la région lyonnaise, l'arrivée d'habitants en âge d'avoir des enfants amortit le déclin de la natalité. Ainsi, entre 2010 et 2022, les naissances n'ont diminué que de 6,8 % dans l'Ain, 2,4 % en Gironde et 2 % dans l'Essonne.
Conséquences pour les services publics
L'évolution du nombre de naissances sur plusieurs années pose des défis aux pouvoirs publics, notamment pour l'organisation des crèches et des classes dans les écoles. Elle peut aussi avoir un impact sur le système de santé, en entraînant des fermetures de services dans les zones les plus touchées par le recul démographique.
Évolutions contrastées dans les grandes villes
À l'échelle des villes, les tendances sont également contrastées. Dans les communes de moins de 50 000 habitants, la chute des naissances dépasse 20 %, en raison notamment de la réduction du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants. Dans les plus grandes villes, la baisse est plus limitée : 14 % dans celles de 200 000 à 700 000 habitants et 9 % dans celles de 700 000 habitants ou plus (hors Paris).
Ainsi, l'apport de nouveaux habitants est suffisamment élevé pour limiter le déclin de la fécondité à Nantes (-0,4 % de naissances entre 2010 et 2022), à Montpellier (-4 %) et à Toulouse (-4,1 %). Dans une seule ville en France, Bordeaux, ces arrivées permettent même de compenser la baisse, avec une augmentation de 0,6 % des naissances sur la période. À Paris, la baisse de 12,1 % reflète « presque exclusivement » le recul de la fécondité, le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants étant resté quasi stable entre 2010 et 2022, selon l'Insee.



