Une mobilisation nationale pour alerter sur la crise de l'enseignement agricole public
Dans le cadre d'une journée d'action nationale, la section locale de l'Élan commun de l'Agrocampus de Blanquefort en Gironde a vivement dénoncé la baisse inquiétante des moyens alloués à l'enseignement agricole public. Cette mobilisation, qui s'est déroulée vendredi 13 mars, visait à alerter les élus, les parents d'élèves et d'apprentis, ainsi que l'ensemble des partenaires de ce secteur crucial pour la formation des futurs professionnels de l'agriculture et du monde rural.
Une situation à haut risque pour la formation agricole
La section locale, qui réunit les syndicats Snetap, CGT, SNUITAM et Sud Territoires, a formellement demandé une audience aux députés et sénateurs du territoire. Parmi les porte-parole de cette mobilisation, on retrouve Laurence Dautraix, professeure de lettres et de langues au Centre de formation d'apprentis agricoles (CFAA) de l'antenne de Pugnac et co-secrétaire nationale du Snetap-FSU, accompagnée de Sylvie Foissac, professeure d'ESC et adhérente militante, Marc Lepivert, professeur de mathématiques, et Yolande Rouault, professeure au CFAA et secrétaire de la section locale du Snetap-FSU.
Ces enseignants se sont réunis dans leur local syndical du lycée agricole pour dresser un bilan alarmant de la situation. « Au niveau national, nous avons lancé une alerte sociale auprès du ministère de l'Agriculture, où on espère être reçus », ont-ils déclaré. « Cela concerne la baisse des moyens et des personnels dans l'enseignement agricole public, et bien sûr dans l'Établissement public local (EPL) de Blanquefort. »
Des suppressions de postes et des fermetures de classes inquiétantes
Les quatre professeurs ont détaillé les conséquences concrètes de cette politique de réduction des moyens. En 2025, la région Nouvelle-Aquitaine a déjà subi la suppression de cinq postes et demi. Contre toute attente, la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) a annoncé cette année la suppression de 4,3 postes supplémentaires dans le secteur public.
Les départs à la retraite ne sont pas compensés à 100%, et deux postes de titulaires sont désormais remplacés à seulement 70% par des contractuels. « On a perdu une classe de BTS viticulture-œnologie et la fermeture de la seconde est prévue en septembre », ont-ils expliqué. « Pourtant, on a besoin de jeunes formés dans cette filière en difficulté. On pourrait en profiter pour alléger les classes. Cette politique de fermeture ne s'entend pas. »
Cette situation critique met en lumière les défis auxquels fait face l'enseignement agricole public, essentiel pour préparer la relève dans un secteur agricole confronté à de multiples difficultés. La mobilisation des syndicats et des enseignants vise à préserver la qualité de la formation et à garantir un avenir durable pour les professions agricoles et rurales.



