Nouvelle-Aquitaine : baisse des fermes, hausse de leur taille et érosion des cheptels
Baisse des fermes, hausse de leur taille en Nouvelle-Aquitaine

Nouvelle-Aquitaine : baisse des fermes, hausse de leur taille et érosion des cheptels

Le service de la statistique et de la prospective du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, l'Agreste, produit tous les deux à trois ans, entre deux recensements démographiques, des statistiques sur la structure des exploitations agricoles françaises et régionales. Le 27 avril dernier, il a publié les chiffres de la région Nouvelle-Aquitaine pour l'année 2023, à comparer avec ceux de 2020. Les tendances observées depuis 2010 se poursuivent et s'accentuent.

Exploitations agricoles : la lente érosion

L'érosion se poursuit. En 2023, on comptait 56 552 exploitations agricoles en Nouvelle-Aquitaine, soit une baisse de 12 % en trois ans. Cette tendance n'est pas propre à la région, car elle est en parfaite adéquation avec la tendance nationale. Cependant, la diminution touche en priorité les micro-exploitations, dont le nombre dégringole de 11 % par an sur les trois dernières années, contre -3,8 % sur la décennie précédente. Cette dégringolade est accélérée par les changements introduits dans la politique agricole commune (PAC) 2023 dans l'attribution des aides, désormais réservées aux agriculteurs actifs. Ces nouvelles règles ont visiblement conduit à la cessation d'activités d'agriculteurs retraités de plus de 67 ans, qui représentaient 12 % des exploitants néo-aquitains en 2020 et plus que 9 % en 2023.

Les fermes voient plus grand

La baisse des effectifs touche les petites exploitations (moins de 125 hectares) et surtout celles de moins de cinq hectares, avec un plongeon de -13,4 %. En revanche, les grandes exploitations (entre 125 et 200 hectares) affichent une stabilité, tandis que celles de plus de 200 hectares gagnent 5,5 % en 2023. La raison ? Les fermes s'agrandissent : si en 2020 une exploitation couvrait en moyenne 81 hectares, elle passe à 85 en 2023. Parallèlement, les exploitations agricoles sont de moins en moins familiales : en 2020, la main-d'œuvre salariée fournissait 40 % du volume de travail (35 % en 2010), pour atteindre 44 % en 2023.

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Les bovins tirent la langue

Au final, la surface agricole utile de la région se maintient à 3,66 millions d'hectares, avec une répartition différente des hectares exploités. Une tendance continue se confirme par ailleurs : la disparition d'exploitations d'élevage. Le cheptel (toutes espèces confondues) en Nouvelle-Aquitaine passe de 7 331 221 têtes fin 2020 à 6 871 056 en 2023 (contre 8 277 881 en 2010), soit une baisse de 17 % sur la période 2010-2023. Le recul du nombre de fermes, comme au niveau national, touche d'abord l'élevage, notamment les élevages bovins mixtes. Pourquoi ? Les consommateurs mangent moins de viande, mais cela n'explique qu'une partie du phénomène. La raison principale est la décapitalisation des cheptels, liée à la non-reprise d'exploitations, à la pénibilité du travail, à la hausse des coûts et des charges, à la pression des crises sanitaires (tuberculose bovine et dermatose nodulaire contagieuse, entre autres) et à la concurrence étrangère.

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