Le grand hall de l'immeuble du Conseil départemental de la Gironde a des airs de place de village, avec un véritable marché en son centre, ce mardi 12 mai, à Bordeaux Mériadeck. Une quinzaine de producteurs locaux ou représentants d'un Esat (Établissement et service d'accompagnement par le travail) sont présents, venus de divers horizons du département. Miel, fromage, légumes, huile... Tous ces produits sont cultivés et transformés en Gironde.
Des producteurs locaux en quête de débouchés
Parmi eux, Nadège Lussac, de la SCEA du Bois Majou à Aillas, dans le Sud-Gironde. Éleveuse de vaches, elle expose sa gamme de produits laitiers : fromage blanc, lait cru, crème fraîche, ainsi que sa marque « Les yaourts de Nadège », créée en 2009. « Nous sommes présents sur les marchés de Langon et de Léognan, et nous vendons aussi une partie de notre production aux collectivités. Cela fonctionne bien avec les petites communes, mais c'est plus difficile pour les collèges et les lycées », explique-t-elle. Elle espère que cette journée favorisera les contacts.
Le réseau Alimen'terre : un modèle d'avenir
Lancé en 2024 par le Conseil départemental, le réseau des fermes Alimen'terre compte aujourd'hui une cinquantaine d'exploitations et Esat. Il vise à faire connaître les productions locales, à taille humaine, et à rapprocher les producteurs des collectivités, qui peuvent être de gros acheteurs. En Gironde, le Conseil départemental gère plus de 100 collèges, chacun avec une cantine, ainsi que plusieurs Ehpad. Ces structures représentent des clients potentiels pour les producteurs locaux.
« Les fermes du réseau sont à taille humaine, en circuit court, et pratiquent l'agroécologie, explique Ève Demange, conseillère départementale déléguée à la Mission circuits courts et aux fermes Alimen'terre. Nous croyons que c'est un modèle d'avenir, qui attire la jeune génération d'agriculteurs et crée du lien sur le territoire. Mais nous avons constaté que ces agriculteurs sont un peu isolés, chacun travaillant de son côté. L'objectif est de les fédérer et de comprendre leurs attentes. Leur priorité est la question des débouchés économiques. Ce marché vise aussi à mieux les faire connaître. »
Témoignage d'un producteur
Gaylord Aubert, venu de Saint-Vivien-de-Médoc, produit de la farine, des graines et de l'huile végétale. Il a repris l'exploitation familiale de la Grande Canau en 2020 avec l'ambition de transformer les produits sur place et d'être « directement au contact des consommateurs ». Il est également maraîcher et vend sur les marchés du Médoc. Les collectivités ne font pas encore partie de ses clients, « pas pour le moment, mais j'ai des projets, avec un partenariat qui pourrait se mettre en place », précise-t-il. D'où sa présence dans le hall du Conseil départemental et dans le réseau Alimen'terre. « Ici, je peux parler de mes produits, que les consommateurs voient vraiment d'où ils viennent », ajoute-t-il.
Au sein du réseau, des sessions de travail ont été organisées avec les fermes, dont une sur le thème de la commande publique. L'Esat, qui propose à des personnes handicapées une activité professionnelle associée à un soutien médico-social, est également partenaire de cette initiative.



