Un maire du Gard interpelle le gouvernement face à la prolifération du grand gibier
Face à la multiplication des dégâts causés par le grand gibier, particulièrement dans les prairies du département, Bruno Biondini, maire de la commune de Lamelouze, a pris une initiative remarquée en adressant un courrier officiel à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Une pression cynégétique record mais insuffisante
Dans sa missive, l'édile alerte sur le déséquilibre agro-sylvo-cynégétique constaté dans le Gard, les Cévennes et sur les terres de sa commune. Il évoque une pression croissante du grand gibier, principalement des sangliers et des cervidés, dont les populations semblent échapper à tout contrôle malgré les efforts de régulation.
Lors de l'assemblée générale publique de la Fédération départementale des chasseurs du Gard, tenue le 9 décembre 2025 à Branoux-les-Taillades, il a été révélé que les prélèvements annuels de sangliers approchaient les 40 000 animaux sur le seul département du Gard. "Ce niveau de prélèvement, particulièrement élevé, témoigne d'une mobilisation importante des acteurs cynégétiques", reconnaît le maire.
Des conséquences dramatiques pour l'agriculture locale
Pourtant, malgré cette pression de chasse significative, les dégâts agricoles persistent et s'intensifient dans certains secteurs cévenols. Les prairies sont durablement retournées par le passage répété des animaux, rendant le pâturage difficile voire impossible dans certaines zones.
Les conséquences sont multiples et graves :
- Les exploitations agricoles subissent des pertes économiques importantes
- Les collisions routières impliquant le grand gibier se multiplient sur les routes du département
- La pression exercée par les cervidés fragilise directement l'unique exploitation maraîchère de Lamelouze
Une demande d'évaluation approfondie
S'appuyant sur les dispositions du Code de l'environnement relatives à l'équilibre agro-sylvo-cynégétique, le maire demande une évaluation départementale approfondie associant :
- Les services de l'État
- L'Office français de la biodiversité
- Les représentants du monde agricole
Il sollicite également une analyse de l'efficacité des dispositifs actuels et l'examen d'éventuelles adaptations administratives lorsque la viabilité économique d'une exploitation est menacée. "Il ne s'agit nullement d'opposer les acteurs du monde rural, mais de garantir le respect du principe d'équilibre agro-sylvo-cynégétique consacré par le Code de l'environnement et d'assurer la pérennité économique de nos territoires ruraux", précise Bruno Biondini.
Un écho politique et administratif immédiat
Le courrier a rapidement trouvé un écho favorable auprès du sénateur Laurent Burgoa. Dans le même temps, le sous-préfet d'Alès, Émile Soumbo, a programmé une réunion en sous-préfecture avec :
- Les services de l'État
- Les représentants du monde agricole
- Les acteurs cynégétiques
Cette rencontre vise à examiner la situation de manière concrète et à rechercher des solutions adaptées au territoire. L'initiative du maire de Lamelouze met ainsi en lumière un problème qui dépasse le cadre local et interroge les politiques de gestion de la faune sauvage à l'échelle départementale et nationale.



