Abattage des loups : nouvelles règles jugées catastrophiques ou insuffisantes
Abattage des loups : nouvelles règles controversées

Abattage des loups : nouvelles règles jugées catastrophiques ou insuffisantes

Le gouvernement a franchi un nouveau cap dans l'abattage des loups, lundi 16 février 2026. En relevant le plafond d'abattage à 21 % de la population lupine et en simplifiant l'accès aux tirs de défense, les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique bousculent les règles en vigueur. Entre colère des éleveurs et indignation des associations de protection animale, ces mesures marquent un tournant dans la gestion du loup en France.

Un plafond d'abattage relevé à 21 %

Les ministres de l'Agriculture Annie Genevard et de la Transition écologique Mathieu Lefèvre ont annoncé, lundi 16 février 2026, l'assouplissement des règles d'abattage des loups et le relèvement du plafond de prélèvement. Ces mesures seront disponibles dans un arrêté attendu dans les prochaines semaines. Le plafond passe de 19 % à 21 %, avec la possibilité d'activer les 2 % supplémentaires. Concrètement, cela signifie que 248 des 1 082 loups présents sur le territoire pourront être abattus, contre 190 l'an passé.

Cet assouplissement sera-t-il suffisant pour apaiser la colère des éleveurs ? Rien n'est moins sûr. Dans une lettre ouverte à Annie Genevard, le collectif Pâturage et Biodiversité déplore une annonce très loin d'être à la hauteur de la situation. Mélanie Brunet, présidente de l'association Cercle 12, renchérit : Avec cette annonce, le gouvernement prouve une fois encore qu'il a un train de retard en matière de prédation. Elle appelle à prendre la mesure de la vraie menace que représente le loup et à une augmentation nette des quotas, voire à les supprimer.

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Simplification des tirs de défense

En 2025, le nombre d'animaux d'élevage tués dans l'Hexagone est reparti à la hausse avec plus de 12 000 victimes. Le ministère a tranché : inciter les éleveurs à mettre des clôtures spécifiques et autres protections avant de chercher à éliminer le loup n'est plus pertinent. Désormais, que son élevage soit protégé ou non, l'éleveur aura le droit à un tir de défense, a souligné Annie Genevard. La procédure pour recourir à cette mesure sera également simplifiée, passant d'un régime d'autorisation préalable à un régime de déclaration après coup en préfecture.

Un changement d'usage qui inquiète les défenseurs du loup. Sébastien Giraud, membre de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), prévient : Dire vous pouvez tuer et déclarer après, c'est ouvrir la porte à n'importe quoi. Il rappelle que les dernières études scientifiques indiquent que tuer les loups augmente la prédation en forçant les populations à se disperser. L'Aspas a dénoncé dans un communiqué des nouvelles annonces catastrophiques et affirmé son intention de saisir la justice lorsque l'arrêté sera publié.

Battues facilitées et conditions d'indemnisation

Outre les éleveurs, les agents des brigades mobiles d'intervention spécialisées et les louvetiers pourront aussi effectuer des tirs de prélèvement et mener des battues pour défendre des élevages non protégés. Mélanie Brunet tempère : Une mesure positive, si ces brigades ne sont pas freinées par la suite, en pointant du doigt des autorisations délivrées mais pas toujours mises à exécution.

Le gouvernement avertit toutefois que l'éleveur qui intervient contre le loup devra s'engager à protéger son élevage dans l'année qui suivra. Même condition pour l'indemnisation, qui cessait auparavant après deux attaques si les animaux n'étaient pas protégés. En 2026, cette aide se poursuivra à la seule condition que l'éleveur soit engagé dans une démarche de protection, même si celle-ci n'est pas encore terminée.

Un débat qui s'intensifie

Depuis le retour de l'espèce en France, les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus. En 2026, il avait gagné plus de 60 départements, contre moins de 10 il y a une décennie. Les attaques sont progressivement devenues une priorité dans le monde agricole. Consciente des critiques à venir, la ministre a botté en touche : On est allé aussi loin en matière de réglementation que nous le pouvions : si nous voulons aller plus loin, il faut en passer par la loi, en référence à la prochaine loi d'urgence agricole.

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Ces nouvelles règles soulèvent des questions cruciales sur l'équilibre entre protection de la biodiversité et soutien aux éleveurs, un débat qui promet de s'intensifier dans les mois à venir.