Théâtre à la Gare du Sud : débat houleux au conseil municipal de Nice
Théâtre à la Gare du Sud : débat houleux à Nice

Un projet culturel qui divise

Le conseil municipal de Nice a voté, vendredi 24 avril 2026, le lancement d'une étude de faisabilité pour implanter la grande salle du théâtre national dans la halle historique de la Libération, connue sous le nom de Gare du Sud. Cette décision, portée par la nouvelle majorité, suscite de vives réactions au sein de l'opposition, qui craint que les contraintes patrimoniales n'entravent l'ambition du projet.

Des contraintes patrimoniales lourdes

La Gare du Sud, imaginée par l'architecte Prosper Bobin à la fin du XIXe siècle, est partiellement inscrite aux monuments historiques depuis 2002 pour sa façade et depuis 2005 pour une partie de la halle. Cette protection impose des limites strictes à toute transformation. Gaël Nofri, conseiller municipal d'opposition estrosiste, redoute « une diminution drastique de la jauge pour un projet initialement espéré de 800 à 900 places ». Il interpelle la majorité : « Si comme nous le pressentons tous, il n'est pas possible de mettre vraiment la grande salle dans cet espace, je vous demande de ne pas vous entêter et de ne pas mettre une petite salle. »

L'opposition dénonce un manque d'ambition

Christine Mirauchaux-Cuturello, conseillère municipale socialiste, partage cette inquiétude. Elle rappelle que l'ancien théâtre détruit offrait 963 places en salle principale et une capacité totale d'environ 1 280 places. Selon elle, s'implanter dans la Gare du Sud « limitera inévitablement l'ambition du TNN et son rayonnement, s'éloignant des standards nécessaires pour accueillir de grandes productions ». Elle défend une contre-proposition dans le quartier Auvare avec une salle de 1 200 places, et fustige le projet actuel : « Lancer une étude sur un site contraint, c'est déjà faire le choix d'un théâtre à ambition limitée. »

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La majorité défend un rééquilibrage culturel

Auguste Vérola, adjoint au maire délégué à la Culture, a répondu aux critiques en soulignant que le label de centre dramatique national ne se résumait pas à « la seule taille de la salle ». Il cite des villes comme « Angers, Reims ou Nanterre qui rayonnent avec des jauges plus réduites ». Sa priorité est de « rapatrier le public au centre-ville », car le théâtre actuel, situé à La Cuisine à Nice-Ouest, est jugé « déconnecté du tissu local. Il n'a rien à faire à l'autre bout de la ville », a-t-il affirmé.

Le maire Éric Ciotti (UDR) a justifié ce transfert par la nécessité de corriger une « erreur tragique » : la destruction de l'ancien théâtre et du palais Acropolis, qu'il qualifie d'« une des plus graves fautes du mandat précédent ». Il chiffre la reconstruction à l'identique à 400 millions d'euros. Il a également dénoncé les choix financiers passés, notamment l'achat du chapiteau temporaire de La Cuisine pour 8 millions d'euros, installé sur un parking en zone inondable, et la résiliation anticipée du bail de la Gare du Sud, qui a coûté 9 millions d'euros aux contribuables. Balayant la proposition de l'opposition de construire à Auvare, site où l'État envisage l'extension du centre de rétention, il assume sa volonté « de rééquilibrer l'offre culturelle vers le nord de la ville ».

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