Le 18 août dernier, lors de l'inauguration de l'esplanade Aristide-Briand à Sète, Simone Pons, figure locale et mémoire vivante de la ville, a offert au maire Hervé Marquès un tableau daté de 1913. L'œuvre, qui représente une scène festive du début du XXe siècle avec le kiosque Franke, sera exposée dans le bureau du maire.
Une scène festive du début du XXe siècle
Dans un moment protocolaire improvisé, entre la fin du discours du maire et la coupe du ruban, Simone Pons, animatrice de longue date de l'association culturelle Filomer, est montée sur scène avec la toile. On y voit un orchestre jouant devant un public en habits d'époque, sur une esplanade arborée, avec des couleurs vives et un rendu saisissant de vérité.
Le tableau a été initialement découvert à Avignon par le fils de Simone Pons. « À l'époque, il avait décidé de l'acquérir afin de compléter sa collection de peintres sétois, raconte Simone Pons. Lorsqu'il a eu une trentaine de tableaux, il a fait une exposition salle Tarbouriech. »
Le lien avec Paul Valéry
L'histoire du tableau prend un tournant lors de cette exposition. « Une dame, qui s'appelle madame Combolive, est tombée amoureuse de ce tableau, livre Simone Pons. Ce coup de foudre était profondément lié à un souvenir d'enfance : lorsqu'elle était élève, le poète sétois Paul Valéry lui avait personnellement remis un prix de fin d'année et l'avait embrassée. »
Monsieur Combolive, ne résistant pas à l'émotion de sa compagne, a accepté d'acquérir l'œuvre. « Et donc ce tableau est parti chez les Combolive. Lorsque le couple est malheureusement décédé, je l'ai acheté à mon tour », explique Simone Pons. Jusqu'à aujourd'hui, où elle a remis le tableau au maire, sous les applaudissements du public.
Un emplacement très spécial
Daté de 1913, le tableau aurait été peint par un certain monsieur Villa. « Mais ce ne serait qu'un nom d'artiste, rectifie Simone Pons, qui a remonté le fil de l'histoire. Après avoir fait quelques recherches, ce serait le nom d'emprunt d'Henri Souri, qui travaillait à la Caisse d'Épargne… »
Interrogé sur l'avenir de l'œuvre, Simone Pons a déclaré : « J'aimerais que ce tableau bénéficie d'un bel emplacement », avant de se tourner vers Hervé Marquès. « Le bureau du maire, ça vous va ? », a répondu le premier édile, dans un grand sourire. Simone Pons ne pouvait espérer meilleur sort pour ce tableau chargé d'histoire.



