Le timbre officiel des Jeux olympiques de Paris 2024 dévoilé et imprimé en Dordogne
Ce mardi 26 mars 2024, le timbre officiel des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 a été présenté au public. Cette création artistique, qui sera mise en circulation en France et à l'international à partir du 5 avril prochain au prix de 1,96 € l'unité, a été produite à 800 000 exemplaires. Tous ont été confectionnés à Philaposte, l'usine d'impression de timbres située à Boulazac en Dordogne, un détail qui souligne l'importance de cette région dans l'événement mondial.
Une œuvre artistique riche en symboles
Le timbre présente un design complexe et évocateur. Il met en scène une demi-tour Eiffel drapée d'or, se détachant sur un fond aux teintes de rose pastel et de vert sauge. Cette image se fond progressivement dans les eaux de la Seine, mais aussi dans celles qui bercent la Polynésie française, un clin d'œil aux épreuves de surf prévues à Teahupo'o, à Tahiti. L'œuvre inclut également un médaillon partagé entre une partie verte et une autre mouchetée, un cœur reprenant l'ensemble des couleurs du timbre, et une arche rappelant fortement l'Arc de Triomphe. Olivier Zuzlewski, directeur de l'usine Philaposte, exprime sa fierté : « Nous sommes fiers de porter notre pierre à l'édifice. C'est en plus un joli assemblage, il y a un côté moderne dans les couleurs avec un ajout classique doré. » Il ajoute que sa partie préférée reste les vagues, « qui représentent bien le dynamisme des grands rendez-vous. » Les auteurs et graveurs de cette création restent discrets, le Comité olympique ayant exercé un droit de regard strict sur le processus.
Un processus d'impression de haute précision
Au cœur de l'usine, le bruit assourdissant des presses ne laisse aucun répit. Jean-Baptiste Marzat, maître imprimeur, supervise la production à un rythme effréné : près de 8 000 feuilles, chacune contenant quatre plaquettes de timbres, sortent chaque heure. « L'objectif est de superposer les nombreuses couleurs pour avoir le meilleur rendu possible », explique-t-il. Entre les inspections minutieuses des détails avec un compte-fils et les ajustements constants de sa presse offset ultramoderne, il veille à éviter tout bourrage. Jean-Baptiste Marzat se dit « fier à sa manière » de contribuer à un tel événement, qualifiant ce timbre de tout sauf « classique ». Un élément de sécurité crucial est intégré : une couche d'encre phosphorescente, visible uniquement sous une lampe ultraviolet, est apposée sur chaque timbre pour prévenir la contrefaçon.
Des valeurs d'équipe et une finition méticuleuse
Les employés de Philaposte établissent volontiers un parallèle entre les valeurs olympiques et l'esprit d'équipe qui anime leur travail. Après l'impression des couleurs, les timbres passent sur une seconde presse pour l'application d'une surcouche dorée sur la tour Eiffel et l'inscription « Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ». Bertrand Mandral, doreur, souligne la difficulté de cette étape : « Il est assez difficile à réaliser parce qu'il fourmille de détails. Par exemple, il faut faire attention à ce que les 'a' et les 'e' ne soient pas bouchés. C'est un travail de précision. » Ensuite, vient la perforation, suivie de la phase finale de vérification. Bertrand Guillaume, agent de vérification, examine chaque plaquette avec un dé à coudre en plastique sur le pouce, traquant le moindre défaut imperceptible. « Je suis vigilant à absolument tout. Là par exemple, il y a un petit point noir. » Direction la poubelle pour les exemplaires non conformes. Il conclut avec émotion : « Nous sommes dépositaires de quelque chose d'immense. On parle tout de même d'un timbre voué à aller dans tous les pays du monde. » Un symbole fort, donc, qui traverse les frontières et célèbre l'union par le sport.



