Selon une légende rapportée par Midi Libre dans le cadre de sa série consacrée aux mythes du bassin de Thau, la colline de Sète est née d'une baleine géante déposée par Poséidon, qui s'est figée en pierre et a donné naissance à l'étang de Thau. Le sommet, initialement appelé cetius (baleine en latin), a ensuite été baptisé Saint-Clair au Moyen-Âge, d'après une autre tradition régionale.
La baleine de Poséidon à l'origine de l'étang
Dans cette histoire, les habitants de la cité située à l'emplacement actuel de l'étang de Thau sont présentés comme des "Sétois avant l'heure", pleins de gouaille, de fierté et de galéjades. Leur attitude provocatrice et leur tendance à se croire "les princes de Thau et de la mer" finissent par irriter Poséidon, le dieu des mers.
Pour punir cette fierté tonitruante, Poséidon plonge dans les profondeurs de la Grande Bleue et attrape avec son trident une gigantesque baleine. Il la dépose à l'entrée du golfe pour fermer aux habitants tout accès à la mer. Prise de peur, la baleine se fige en pierre, donnant ainsi naissance à l'étang de Thau et à la colline, dont le profil évoque effectivement un grand cétacé, tant vu depuis l'étang que depuis la mer.
Trois frères et une promesse de croisade
Au Moyen-Âge, une autre légende régionale explique le nom de Saint-Clair. Dans l'arrière-pays héraultais vivaient trois frères nobles languedociens : Clair, Guiral (Géraud en occitan) et Loup. Tous trois tombèrent amoureux de la même jeune femme, qui, pour les départager, leur intima de partir en croisade en guerre sainte, promettant d'épouser le plus glorieux.
Après des années de combats, les trois frères revinrent vivants, enrichis et couverts de gloire, mais leur dame était morte en leur absence. Fous de chagrin, ils renoncèrent à leurs richesses et se firent ermites. Loup monta sur un pic (devenu le pic Saint-Loup), Guiral sur un rocher (le rocher de Saint-Guiral, dans les Cévennes) et Clair sur la baleine devenue mont.
Des feux qui s'éteignent, des noms qui demeurent
Les trois frères gardaient contact une fois par an, à la date de la mort de leur dame, en allumant chacun un feu dont la fumée était visible au loin. D'année en année, les feux se sont éteints un après l'autre, mais leurs noms continuent de donner une âme à ces sommets de la région.
Cet article s'inscrit dans la série (7/8) de Midi Libre consacrée aux contes et légendes du bassin de Thau, qui a déjà évoqué notamment la cité engloutie sous l'étang et le rôle de Zeus dans la création de la lagune.



