La découverte historique d'un Mustang américain sur les côtes girondines
Fin mars 1989, une découverte archéologique aérienne majeure a lieu sur la plage de Lège-Cap-Ferret en Gironde. Le second des deux avions Mustang P-51D américains, qui s'étaient posés en catastrophe le 26 août 1944, est mis au jour après des décennies d'ensevelissement dans le sable. Cette trouvaille fait écho à celle de 1981, où un premier appareil identique avait été exhumé sur cette même plage au lieu-dit Truc-Vert.
Une histoire aéronautique liée à la Seconde Guerre mondiale
L'origine de ces épaves remonte à un événement dramatique survenu en août 1944. Trois aviateurs américains, perdus dans un orage qui perturbe leur compas alors qu'ils regagnent l'Angleterre après une mission en France, connaissent un destin tragique. L'un des avions s'écrase en mer, tandis que les deux autres, croyant suivre la Loire, se retrouvent au-dessus de la Gironde et se heurtent aux Pyrénées. Après avoir réalisé leur erreur, les pilotes font demi-tour mais, à court de carburant, sont contraints d'atterrir en urgence sur la plage de Lège-Cap-Ferret.
Les habitants de la presqu'île découvrent alors ces avions de chasse américains, des Mustangs considérés comme parmi les plus beaux et les plus rares de l'époque. Le premier appareil, exhumé en 1981, avait été désensablé et ses restes exposés au Salon aéronautique du Bourget, suscitant un vif intérêt historique et technique.
L'extraction difficile et l'état dégradé du second Mustang
Le 13 mai 1989, des engins lourds sont déployés pour extraire ce bijou de l'aviation américaine du sable. Cependant, l'enthousiasme initial laisse rapidement place à la déception pour les observateurs, dont Thierry Mutsaars, le gendre de M. Schyller qui avait aidé les pilotes en 1944, ainsi que Jean-Paul Troques et Serge Manthé, résidents de Lège-Cap-Ferret suivants cette aventure depuis le début.
À mesure que l'avion se découvre, son triste état devient évident. Le Mustang est fortement endommagé, victime d'actes de vandalisme antérieurs. Le moteur présente des traces de coups profonds, de nombreuses pièces ont été arrachées ou cassées, et le siège du pilote a disparu. Les ailes, bien qu'encore attachées, sont dans un état déplorable après avoir été saccagées. Le train d'atterrissage est également absent, un habitant de Petit-Piquey ayant avoué avoir utilisé les roues pour fabriquer une remorque.
Contrairement au premier Mustang, ce second appareil ne rejoindra pas les collections prestigieuses comme celles de la Ferté Allais. Seule l'hélice, initialement découverte le 24 mars 1989, pourra servir de décoration, symbolisant les vestiges fragiles de cette page d'histoire.
Les défis de la préservation du patrimoine aéronautique
La municipalité de Lège-Cap-Ferret attend la réponse de l'Association des ailes anciennes, basée au Bourget, pour décider du sort de cette épave. L'extraction et la restauration de tels vestiges s'avèrent longues et coûteuses, mettant en lumière les difficultés de conservation du patrimoine historique lié à la Seconde Guerre mondiale.
Cette découverte rappelle l'importance des archives et de la mémoire collective, invitant à plonger dans les récits qui ont marqué la région depuis plus de 80 ans. Les Mustangs de Lège-Cap-Ferret restent des témoins silencieux des conflits passés et des efforts pour préserver leur héritage malgré les outrages du temps.



