Saint-Affrique et l'épopée de l'aviation : quand la ville s'envolait au début du XXe siècle
Saint-Affrique : l'épopée de l'aviation au début du XXe siècle

Saint-Affrique et l'épopée de l'aviation : quand la ville s'envolait au début du XXe siècle

En 1912, le pilote Chevalier et son monoplan s'élançaient depuis le terrain de la Capelle à Saint-Affrique, marquant un chapitre fascinant de l'histoire aéronautique locale. Aujourd'hui, imaginer des avions décollant de cette commune aveyronnaise semble improbable, mais au tout début du XXe siècle, Saint-Affrique a connu des jours de gloire dans le domaine de l'aviation, grâce à une poignée d'hommes passionnés.

Le Comité des 5 : des métiers divers, une passion commune

Tout a commencé avec cinq Saint-affricains aux professions variées : Georges Villeneuve, marchand de chaussures ; Pierre Birot, industriel ; Maître Lagé, avoué ; Jules Vigouroux, marchand de tissu ; et un autre Pierre Birot, quincaillier. Ce qui les unissait ? Une passion ardente pour l'aviation, alors naissante après le premier vol motorisé des frères Wright en 1903. Pour partager cet engouement, ils se sont fédérés en formant le Comité des 5, jetant les bases d'une aventure aéronautique remarquable.

Des meetings aériens qui ont marqué les esprits

Dès 1911, l'aviation fait une entrée spectaculaire à Saint-Affrique. Le Comité des 5 invite Charles Amans, un pilote montpelliérain, pour une démonstration sur le terrain de la Cazotte, un vaste espace en bord de Sorgues. Le succès est immédiat, attirant une foule nombreuse de Saint-affricains émerveillés. En 1912, un second meeting est organisé avec le pilote Chevalier et son monoplan sur le terrain de la Capelle, situé entre la gare et le stade Devilliers. Ces événements ont captivé la population et inscrit la ville dans l'histoire de l'aviation naissante.

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Jules Védrines et la fondation du premier aéro-club aveyronnais

Porté par cet enthousiasme, le Comité des 5 invite en juillet 1913 le célèbre pilote Jules Védrines, dit Julot, pour les Fêtes patriotiques et religieuses. Védrines, né en 1881, était un as de l'aviation, ayant réalisé la première liaison aérienne France-Égypte en 1913 et accumulé des records de vitesse. Sa présence à Saint-Affrique a été immortalisée par de nombreuses cartes postales. Parmi la foule, le jeune Georges Arlabosse, alors âgé de 11 ans, assiste émerveillé aux prouesses du pilote. Cette expérience le marque profondément : il effectue son service militaire dans l'armée de l'air en 1923 et, de retour à Saint-Affrique en 1928, organise des meetings d'aviation à la Cazotte en 1928 et 1929.

Lors du meeting de 1929, Émile Borel, mathématicien et célèbre Saint-affricain, a même l'honneur d'embarquer à bord d'un avion pour survoler la ville. Devant le succès persistant de ces événements, Georges Arlabosse fonde en 1930 le premier aéro-club de l'Aveyron, l'Aéro-club des Causses. Il acquiert le premier avion de la structure, un Potez 36 biplace, posant les fondations de ce qui deviendra plus tard l'Aéro-club Millau-Larzac en 1947.

Un héritage aéronautique préservé

Ces moments historiques, riches en émotions et en innovations, restent gravés dans la mémoire collective de Saint-Affrique. Ils témoignent d'une époque où la passion de l'aviation pouvait rassembler une communauté entière, transcendant les différences professionnelles et sociales. Aujourd'hui, cette épopée est préservée grâce à des sources et photographies conservées à la Maison de la Mémoire de Saint-Affrique, rappelant que cette ville aveyronnaise a bel et bien pris son envol dans les airs, contribuant à écrire une page méconnue mais essentielle de l'histoire locale et aéronautique française.

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