Le Musée de la Marine de Rochefort renaît après une métamorphose complète
Le site rouvre ses portes ce samedi 14 février après trois mois de fermeture pour des travaux d'envergure. Après cette période de fermeture et un investissement de 180 000 euros sur fonds propres, le plus ancien bâtiment de la ville sort véritablement de sa chrysalide. Avec une scénographie entièrement repensée, des couleurs audacieuses et des trésors dévoilés, l'administratrice Charlotte Drahé a présenté à la presse les nombreuses nouveautés du musée avant sa réouverture au public.
Un réveil en fanfare pour la « vieille dame » historique
C'est un véritable réveil en fanfare pour la « vieille dame » de la place de la Galissonnière. L'hôtel de Cheusses, écrin historique du musée national de la Marine, n'avait pas connu pareille toilette depuis près de vingt ans. Fermé depuis novembre dernier, le musée rouvre ce samedi à 13h30, complètement métamorphosé. « L'idée était de réenchanter le parcours, de sortir de l'image un peu poussiéreuse pour aller vers quelque chose de plus scientifique, mais aussi de plus vivant », résume Charlotte Drahé avec enthousiasme.
Avant cette réouverture tant attendue, le modèle du « Royal » a été soigneusement dépoussiéré et les éclairages de l'ensemble du musée ont été entièrement revus et corrigés. Ce « lifting » d'ampleur, mené sous la houlette de l'architecte en chef des Monuments historiques Olivier Salmon et réalisé par des artisans locaux talentueux, saute immédiatement aux yeux dès le rez-de-chaussée. Fini les murs ternes : place désormais à des teintes chaudes, des ocres et des verts impériaux qui tranchent magnifiquement avec la pierre et subliment les collections précieuses.
Une nouvelle vie pour les collections et l'architecture
Après l'espace permanent dédié à Pierre Loti conservé de l'exposition temporaire de l'été dernier, les visiteurs découvriront le bureau du commandant de la Marine où trône désormais du mobilier exceptionnel tiré des collections parisiennes du musée de la Marine. On y trouve notamment un secrétaire à cylindre, un canapé et des voltaires recouverts de tapisseries anciennes d'Aubusson d'une grande valeur historique. « Nous avons voulu redonner vie à l'hôtel de Cheusses en tant que musée mais aussi en tant qu'ancien lieu d'habitation », explique Charlotte Drahé avec passion.
Le musée qui accueille ici 25 000 visiteurs par an (36 000 avec l'ancienne école de médecine navale) a su se réinventer en améliorant considérablement le parcours des visiteurs. Par exemple, les modèles de bateaux anciens - et non des maquettes car ces navires réduits n'étaient pas des jouets, mais des outils de travail essentiels pour les ingénieurs et les charpentiers - sont désormais bien mieux mis en valeur. Le public peut désormais les contourner librement et les observer sous toutes les coutures, offrant une expérience immersive inédite.
Une scénographie repensée pour une meilleure expérience
Dans la salle dédiée à l'industrie navale et au bagne, les murs, repeints dans des tons industriels évoquant le feu et la forge, accueillent une scénographie épurée et moderne. Le visiteur redécouvre ainsi la puissance impressionnante de l'Arsenal avec une gravure en noir et blanc agrandie d'une vue du dessus de Rochefort. Plus loin, une figure de proue suspendue et un spectaculaire cabestan, pièce maîtresse servant à lever les ancres, sont encore mieux mis en lumière. « C'est un objet qui demande une force humaine colossale et permet de mieux comprendre la vie à bord et la pénibilité des manœuvres », souligne l'administratrice avec conviction.
À l'étage, le choc esthétique se poursuit avec force. Les parquets centenaires, soigneusement poncés et huilés, semblent avoir rajeuni de plusieurs décennies, débarrassés de la poussière des ans. Des tableaux réinstallés à hauteur d'œil jouent habilement avec la perspective de chaque salle, créant des effets visuels saisissants. La cuirasse imposante du « Formidable » surplombe maintenant une maquette de plongeur, illustrant parfaitement l'évolution fascinante de la guerre sous-marine et des torpilles.
Préparer l'avenir et les 400 ans de la Marine
Si deux salles du deuxième étage restent volontairement vides pour l'instant (l'ancienne salle de la guerre d'indépendance américaine et celle de la plongée), c'est pour mieux préparer un avenir prometteur. Elles accueilleront en septembre 2026 une grande exposition d'envergure sur les sous-marins, année charnière qui marquera les 400 ans de la création de la Marine par Richelieu en 1626. Ici, l'ancienne chambre du commandant, autrefois un peu froide et impersonnelle, a retrouvé son lustre d'antan avec des murs vert d'eau typiques du XVIIIe siècle, restituant ainsi l'atmosphère historique du lieu.
En attendant cette date importante, de février à août 2026, ces espaces épurés serviront à des visites guidées inédites, dévoilant l'architecture brute et authentique du bâtiment, ou seront disponibles à la location pour des événements privés prestigieux. Un débouché supplémentaire qui accompagne parfaitement cette mise à niveau justifiant l'augmentation modérée du ticket d'entrée au musée de la Marine, dont le tarif passe désormais de 8 à 10 euros pour une expérience considérablement enrichie.



