Le producteur niçois Gil Marsalla, fondateur de Directo Prod, sera présent ce samedi 19 septembre à l'hôtel Drouot à Paris pour tenter d'acquérir la robe noire portée par Édith Piaf lors de ses concerts historiques au Carnegie Hall en janvier 1956. Estimée entre 12 000 et 14 000 euros, cette pièce unique est mise aux enchères et suscite l'intérêt de collectionneurs étrangers. Marsalla, dont le spectacle « Piaf ! Le spectacle » a rassemblé plus de 2 millions de spectateurs dans le monde, considère que la robe « a sa place dans un musée » et souhaite éviter qu'elle ne parte à l'étranger.
Une bataille aux enchères pour un symbole du patrimoine musical
Gil Marsalla, qui défend depuis 25 ans le patrimoine musical francophone à travers ses productions consacrées à Édith Piaf, Charles Aznavour, Jacques Brel ou Cyrano de Bergerac, voit dans cette robe un témoignage essentiel de la culture française. « Voilà 25 ans que je défends le patrimoine, notamment celui d'Édith Piaf au travers d'un spectacle qui a fait le tour du monde. Je me dois d'essayer d'acquérir cette robe car sa place est dans un musée », a-t-il déclaré. Il ajoute : « Piaf m'a accompagné toute ma vie, si je peux faire en sorte que ce pan de son patrimoine reste en France, j'en serai fier. »
La robe noire, portée en 1956 à New York, est présentée comme ayant été portée par la chanteuse lors de ses concerts mémorables au Carnegie Hall. Ces concerts avaient valu à Édith Piaf d'être surnommée par le New York Times la « grande prêtresse de l'agonie », décrivant une salle « trempée de larmes ». Ce contexte historique renforce la valeur symbolique de l'objet, qui pourrait attirer des enchérisseurs du monde entier.
Un projet de musée Édith Piaf dans les Alpes-Maritimes
Au-delà de cette acquisition, Gil Marsalla milite pour la création d'un musée consacré à Édith Piaf dans les Alpes-Maritimes, où la chanteuse a terminé sa vie à Plascassiers, près de Grasse, en 1963. « Les Alpes-Maritimes seraient parfaites pour un tel musée, elle y a terminé sa vie, j'ai déjà sollicité plusieurs élus du Département », explique-t-il. Il souligne que la France ne dispose pas de musée de la Variété ni de lieu dédié à l'héritage de la Môme, alors que cela représenterait des retombées culturelles et économiques conséquentes.
Le projet, comparé au musée Louis de Funès à Saint-Raphaël, est soutenu par l'association Grasse à Édith et la ville de Grasse, mais il n'a pas encore vu le jour. Marsalla évoque la nécessité de trouver un terrain d'entente entre les élus, le ministère de la Culture et les collectionneurs. Il envisage également d'exposer la robe noire lors de la tournée du spectacle Piaf, qui compte plus de 120 dates dans 70 pays en 2027 : « On pourrait envisager d'amener la robe noire et l'exposer dans le monde entier dans le sillage des concerts. »
Un enjeu culturel et économique pour la France
Pour Gil Marsalla, la préservation de ce patrimoine est un enjeu national. « Piaf est un patrimoine que le monde entier nous envie et c'est dommage de voir une partie de ce patrimoine rejoindre une collection privée chinoise ou américaine, ce n'est pas possible que cette robe parte ailleurs qu'en France », insiste-t-il. Il rappelle l'importance de la chanteuse dans la culture mondiale, citant l'exemple de Céline Dion qui a interprété « L'hymne à l'amour » de Piaf lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 sur la Tour Eiffel.
« La bataille risque d'être rude et je suis limité dans mes moyens », reconnaît le producteur, qui devra faire face à la concurrence étrangère. Ce samedi, il sera à Paris pour tenter de rafler la mise et de garder cette pièce unique en France, concrétisant ainsi son engagement de longue date pour la transmission de l'héritage des artistes français aux générations futures.



